LE TAROT DE LA TRANSFORMATION

Tirage

 

Tirage automatique par chiffre

01

02

03

04

05

01-Le maître

Muldhara chakra

Quand le disciple est prêt le maitre arrive.

 

croix verte

Une relation vieille comme le monde

La relation maître-disciple et tout ce qu'elle implique (initiation, transmission d'un "pouvoir", de connaissances, de techniques) est un des comportements humains les plus anciens et les plus universels sur notre planète ; c'est une relation aussi ancienne et aussi universelle que la relation mère-enfant.

Dans toutes les civilisations et à toutes les époques il y a eu des maîtres car tout apprentissage passe par l'acquisition de connaissances et surtout d'un savoir-faire que, seul, quelqu'un d'expérimenté et "maître" ; de sa technique peut transmettre. De nos jours il en va encore ainsi pour les apprentissages du domaine matériel, pour l'apprentissage des métiers, par exemple, et on parle encore bien volontiers de "maîtres" ; dans les domaines artistique et intellectuel. Par contre, quand il s'agit du domaine spirituel ce mot devient suspect ; il est assimilé à "secte", avec toute la connotation péjorative que revêt ce mot dans notre société.

 

Gourous d'opérette et esprits immatures

 

Il est vrai que les exemples ne manquent pas, hélas, de pseudo maîtres ou "gourous d'opérette" ; qui sévissent aujourd'hui sur le marché de la spiritualité renaissante. Ces faux prophètes exploitent le désarroi des victimes de plus en plus nombreuses d'une société générant des paumés en tous genres, prêts à gober les naïves panacées que ces gourous, borgnes au pays des aveugles, leur prodiguent. Dans notre monde occidental la famille, en pleine déconfiture, permet de moins en moins aux parents d'assumer pleinement et positivement leur rôle dans l'éducation de leurs enfants. Ceux-ci se retrouvent donc, passé 20 ans, en quête du père ou de la mère symbolique capable de leur donner tout ce dont ils ont manqué pendant leur enfance et ils sont prêts à payer ce maternage à retardement du prix de leur liberté. Cette situation encourage tous les apprentis sorciers sécrétés par la crise actuelle à s'organiser pour vampiriser, en même temps que leur compte en banque, ce qui reste de liberté et de conscience à ces âmes fragiles en errance.

 

A ce sujet on peut rendre grâce à Krishnamurti, une des grandes figures de la sagesse contemporaine, d'avoir toute sa vie durant -et de quelle éclatante manière- souligné ce piège insidieux en mettant tous les chercheurs de vérité en garde contre les dangers de la dépendance que peut entraîner une expérience maître-disciple qui ne reposerait que sur la projection infantile d'un disciple immature à la recherche d'un père symbolique et de l'illumination à bon marché.

 

Maître intérieur, maître extérieur

 

Mais ces aberrations, dues aux vices de notre société en pleine décomposition, ne doivent pas nous masquer la beauté et la profondeur d'une relation qui est sans doute une des plus riches expériences qu'il soit donné à l'être humain de vivre et qui est le moteur de toute transformation intérieure vers l'Eveil de la Conscience.

 

Tout être éveillé est un maître. Ayant réalisé son potentiel d'épanouissement, il est comme une fleur arrivée au sommet de sa croissance et qui répand son parfum autour d'elle. Il ne cherche pas les disciples, pas plus que la fleur ne cherche à ce qu'on la hume. Si quelqu'un passe, qui est attiré par la beauté de la fleur, il viendra respirer son essence et s'en remplir... Cette essence, chez le maître, c'est l'amour qui sourd de cette fontaine inépuisable qu'il a trouvée en lui, au bout de son chemin, quand il a réussi à franchir les frontières de l'ego. Arrivé au sommet de son être il EST, au service d'une volonté plus grande que la sienne propre et qui lui montre le chemin.

 

Dans le tantra, cette lumière intérieure qui éclaire le chemin et donne la capacité à celui qui la contacte de sortir de lui-même pour rencontrer la volonté du Créateur et, en toutes circonstances, s'harmoniser avec elle, cette lumière-là est appelée le GOUROU. C'est le véritable Maître, qui est en chacun. Quand le processus de croissance intérieure est mis en branle - quand Kundalini est éveillée, diraient les Tantrikas - l'énergie interne se raffine en montant de bas en haut, de la terre vers le ciel, de l'inconscient vers la Conscience, vers sa source qui est le Gourou intérieur.

 

Le maître pour jardinier

 

Le maître, en tant que guide, c'est là que pour conduire le disciple dans ce cheminement qui prend bien souvent, dans un premier temps, la forme d'un labyrinthe où seul celui qui est déjà passé par là peut guider le novice et lui éviter de se perdre.

 

Le regard du maître, dénué de tout jugement, de toute projection, de toute attente, envoie constamment au disciple l'image de son âme dans toute sa pureté - donc, au potentiel qui est en lui et qui ne demande qu'à être développé et réalisé.

 

Il est là aussi pour lui rappeler sans cesse que la véritable libération ne peut s'atteindre que du dedans une fois anéanties toutes les illusions, toutes les projections de l'ego, et que personne ne peut faire le travail à sa place. Jusqu'au moment où le disciple comprendra qu'il n'a rien à attendre de personne, encore moins de son maître, et que nul autre que lui-même ne le conduira à cette libération.



Mais avant d'en arriver là il aura fallu que tout un travail d'ouverture se fasse, et que se dissolve la dure pellicule qui entoure la graine qu'est l'ego (graine qui contient tout l'être du disciple à l'état de potentiel, comme la fleur est contenue dans sa semence). Dans la symbolique du tantra, qui utilise souvent cette image, le maître est un jardinier;sa commune est un jardin où la terre est fertile. Dès que le disciple est prêt à dissoudre son ego, l'énergie est libérée pour la croissance et le germe peut sortir après que ses racines se soient profondément enfoncées dans la terre. Tout le processus de croissance qui s'ensuit est le chemin initiatique ; celui-ci dure jusqu'à ce que la fleur s'épanouisse et livre à son tour ses propres graines prêtes à ensemencer à nouveau la terre.



Le maître n'est pas un professeur ; il m'a rien à enseigner, pas de credo, pas d'idéologie, pas de philosophie, pas de théologie. Il n'est pas là pour informer le disciple, ni pour nourrir son mental de nouvelles connaissances, il est là pour le transformer. Le maître agit en catalyseur;sa présence favorise un processus de transformation. Les oiseaux se mettent à chanter au petit matin, quand le soleil apparait et que sa présence créé l'ambiance nécessaire pour que naisse ce chant. C'est comme si, par sa présence et la chaleur de ses rayons, le soleil avait réveillé un profond instinct au cœur de l'oiseau qui se met à chanter, au cœur de la fleur qui se met à s'ouvrir. Ainsi agit le maître.



Assis en silence aux pieds du maître


Le maître, par sa présence, crée un champ d'énergie où la transformation devient possible. Il ne fait rien pour le disciple. La transformation ne s'opère pas par lui mais à travers lui. Le maître n'est pas là pour répondre à des questions car c'est justement parce que le disciple est las de chercher des réponses abstraites à des questions intellectuelles, parce qu'il n'a pas pu étancher sa soif d'être et de connaître par toutes les explications qu'on lui a fournies dans sa longue quête préalable qu'il est arrivé au maître. Il n'a plus qu'à s'asseoir silencieusement à ses pieds, ouvert, réceptif comme une matrice. Il n'a plus qu'à devenir féminin pour recevoir l'énergie du maître, être fécondé par lui.
Dans cette opération personne ne "fait" ; quoi que ce soit. Il ne s'agit pas d'un acte. Le maître est là, il est lui-même, et le disciple apprend en restant constamment ouvert. Il s'abandonne et se fond dans l'énergie du maître ; il disparaît en lui. Alors survient le plus étrange paradoxe : le disciple ne devient pas dépendant mais, au contraire, pour la première fois il découvre l'indépendance, cette liberté qui, au-delà de l'ego, est comme un feu éteint attendant d'être rallumé.

Assis en silence aux pieds du maître le disciple attend sans rien faire, sans désirer, sans demander, sans vouloir. Rempli de confiance et d'amour il s'abandonne, il se rend. Ce qui est ainsi rendu, offert au maître par le disciple, ce n'est pas son être, ni son individualité, c'est seulement sa parure : l'ego. Dès qu'une brèche est ouverte dans l'ego le maître s'y infiltre et commence à travailler. Ce travail est ressenti par le disciple comme une merveilleuse aventure qui rend sa vie plus pleine, plus mystérieuse, plus poétique. C'est en même temps un labeur impitoyable qui commence car le maître est là pour mettre l'ego du disciple dans un sandwich et le manger ; et cela est douloureux.

Voilà pourquoi celui qui cherche à se gratifier ou à se consoler n'aura pas longtemps sa place auprès du maître et sera, tôt ou tard, amené à fuir. Seuls ceux qui sont profondément motivés et suffisamment prêts pourront affronter le chaos créé par cette situation qui n'est rien d'autre qu'une agonie : l'agonie de l'ego. S'éveiller à la vérité de CE QUI EST passe par l'acceptation des risques de l'aventure et demande que l'on soit prêt à en payer le prix. Sortir du cocon où l'on est enfermé, sortir de cette prison que sont les défenses de l'ego que l'on a fini par_ prendre pour sa maison, son chez-soi, cela demande un grand courage et fait toujours mal. Cette douleur est la douleur de l'agonie quand le maître détruit les murs de la prison;la douleur d'un accouchement quand il tire l'être réel hors du cocon pour le pousser dans le vide afin qu'il déploie ses ailes et vole, en être libre, vers son destin.

 

Vrai maître et faux maître

 

La différence entre un vrai maître et un faux maître est simple : le faux maître remplit les attentes du disciple, il satisfait sa demande. Implicitement le faux maître fait tout pour que le disciple reste un disciple, pour qu'il reste dépendant parce que lui-même est dépendant du disciple.

 

Le vrai maître est un maître par lui-même. Il n'a pas besoin du disciple, il n'en est pas dépendant ; c'est pourquoi il n'hésitera pas à être intransigeant et même déroutant si cela s'avère nécessaire. Le véritable maître n'est jamais conforme à l'image que son disciple se fait de lui ; il est lui-même. C'est pourquoi il est inflexible, au risque de frustrer ou de décourager.

02-La commune

Muldhara chakra

Une société alternative

croix verte

La commune est une société alternative, ne petite oasis dans le désert du monde. Laisse-toi glisser de plus en plus dans l'harmonie;vis la vie dans la prière, alerte, conscient, éveillé.

Permets au petit ruisseau que tu es de rejoindre d'autres petits ruisseaux pour pouvoir te jeter dans un grand fleuve qui te conduira vers l'océan.

 

La commune

 

Une commune (ou sanghat) est une fraternité d'êtres en mutation qui ont choisi de s'abreuver à la même source spirituelle, comme une communauté d'abeilles venues butiner le nectar d'une fleur dont le parfum les a attirées.


Quand le centre d'énergie formé par cette source spirituelle se manifeste, plusieurs cercles se dessinent autour de lui.

 

Le premier est celui des "initiés" ; ceux qui se sont approchés le plus près, ceux qui ont "fait le saut" ; et ont plongé dans cette source vive. Ceux-là sont entrés dans le temple que forme l'énergie autour du point de focalisation.


Le second cercle est celui des aspirants, et le troisième celui des étudiants.


Au centre de ces cercles se tiennent une ou plusieurs personnes qui ne sont ni des professeurs, ni des thérapeutes, ni des prêtres, ni des prêcheurs : au centre se tiennent ceux qui sont en union avec la Lumière, et ils forment un cœur ardent et aimant. Dans le champ magnétique créé par ce cœur il peut y avoir communion, transfert d'énergie, et celui qui a été attiré peut entamer un processus de transformation.


La commune est le creuset de l'Athanor (le chaudron alchimique) où sont réunies les conditions favorables à la transmutation du plomb en or, de l'inconscient en Conscience.

 

La dimension de la commune est égale au rayonnement de sa source ; chaque individu qui y entre apporte sa propre dimension, son propre monde, et en agrandit d'autant l'espace commun. A partir du "temple" ;(c'est-à-dire du centre) une "chaîne d'or" ;s'établit : la chaîne maître-disciple, elle rayonne jusqu'à la périphérie des cercles concentriques formés par les efférents niveaux de la commune. Dans la commune, plus on s'approche du coeur et plus on passe de l'état de demandeur à celui de donneur, de l'état d'esclave de son propre ego à celui de maître de soi-même.


La commune crée un espace pour que chacun puisse vivre l'aventure spirituelle avec des êtres sur le même chemin. On peut évidemment avancer seul et s'affiner, de purifier, mais rester seul c'est être comme un instrument de musique ne rejoignant jamais un orchestre. Un solo de guitare est beau mais il est limité, unidimensionnel. Par contre, dans l'orchestre, plusieurs dimensions se rencontrent et une plus grande harmonie en résulte.

 

La commune est comme un orchestre symphonique;le morceau joué dans une commune sannyâs c'est :

- le rire, la joie, l'humour, l'amour, la danse, la musique...

03-L'illumination

Muldhara chakra

Laisse tomber toute ambition d'être le premier à t'illuminer

croix verte

Laisse tomber toute ambition d'être le premier à t'illuminer II n'y a pas d'illumination individuelle, tous les individus sont unis entre eux avec le Tout. Bouddha atteignit la porte du paradis. Naturellement, les gens présents attendaient. ils ouvrirent la porte et l'accueillirent mais Bouddha se retourna et regarda le monde : des millions d'âmes sur le même chemin, luttant dans la misère, dans l'angoisse, se forçant d'atteindre la  porte du paradis et de l'extase...

 

Le portier dit :


"Entre, s'il te plaît. On t'attendait !"
Et Bouddha dit : "Comment pourrais-je entrer alors que d'autres n'ont pas atteint le
but ? Ce n'est pas le bon moment : Comment pourrais-je entrer quand il reste encore des gens derrière moi ? Je vais attendre. C'est comme si ma main avait atteint la porte, mais que mes pieds ne l'aient pas atteinte. Je dois attendre, la main seule ne peut entrer..."
Et il est dit dans cette belle histoire que Bouddha attend encore.


* * *


Personne n'est une île, nous formons un continent, nous sommes tous ensemble. Le maître est un peu plus loin que toi mais il n'est pas séparé de toi ou du reste de l'humanité, il t'attend. Il n'y a pas d'illumination individuelle. Les êtres sur le chemin sont plus ou moins avancés mais les premiers sont solidaires des derniers car nous sommes tous unis dans l'UN.

04-Se rendre

Muldhara chakra

Engage-toi complètement

croix verte

Si tu veux obtenir le plus grand bénéfice de chaque situation que la vie te donne à vivre, engage-toi complètement dedans, abandonne-toi totalement à ce qui t'arrive.
De même, si tu rencontres un maître pour te guider dans ta vie spirituelle, sache que c'est de ta capacité à te rendre, t'en remettre complètement à lui que dépendent tes progrès.


Cette histoire peut te donner une clé :


Après son illumination en Inde Bodhidharma chercha un disciple, mais en vain. Il dut donc se rendre en Chine. Il avait trouvé la clé et il voulait partager sa découverte mais il commençait à se faire vieux et n'avait toujours pas trouvé le vrai successeur, celui à qui transmettre l'étincelle.


Et pendant neuf ans il attendit dans une grotte ; il ne fit rien d'autre qu'attendre, les yeux sur les parois de la grotte. En fait, dans sa méditation il créait une grande force magnétique afin d'appeler celui qui serait capable de recueillir son enseignement et de le transmettre.


"Quand celui que j'attends viendra, avait-il dit, lors seulement je me retournerai pour le regarder. Sinon, je continuerai à regarder le mur."


Et alors, un beau jour, la personne attendue vint et resta debout derrière Bodhidharma. Cet homme qui était venu ne dit rien, l'attendit simplement, il attendit patiemment, et deux silences se rencontrèrent. Le jour suivant, tôt le matin le nouvel arrivant se coupa une main, la présenta à Bodhidharma et dit :


"Tourne-toi vers moi sinon la prochaine chose que je me coupe est la tête."


Bodhidharma se retourna immédiatement. Il fallait qu'il se retourne. Pendant neuf ans il n'avait regardé personne et ne s'était pas retourné. Il dit :

"Ainsi donc, tu es venu..."
Cette détermination à donner sa tête au maître était le critère, car seulement qui est prêt à donner sa tête est disciple.
* * *
Bien sûr, ceci est une histoire symbolique.
La main signifie "Je te donne mes actions, fais de moi ce que tu crois bon de faire."
La main veut dire : "Je suis prêt à devenir ton messager, je suis prêt à recevoir ton message et, à mon tour, le transmettre. Donne-moi ce que tu sais que je peux prendre, donne-moi ce que tu as à donner."
La main signifie simplement : "A partir de maintenant mes actes sont les tiens. Je ne ferai plus rien par moi-même, pour moi-même. Maintenant je ferai seulement ce que tu dis, ces mains sont à toi."
C'est là le sens de la parabole. Il ne s'est pas réellement coupé la main, cela aurait été stupide.
Le disciple dit aussi : "Tourne-toi vers moi sinon je me couperai la tête." ; C'est cela, l'abandon. Il rend sa tête au maître, et la tête est le mental mécanique et conditionné, avec ses questions, ses doutes, ses préjugés, ses idées toutes faites, ses certitudes empruntées, qui nous barrent la route de la "réalisation".
Bodhidharma se retourna, regarda l'homme dans les yeux et la clé fut transmise - sans qu'un seul mot ne soit échangé - cela n'était pas nécessaire.
L'homme devint le successeur de Bodhidharrna, c'est ainsi que le Zen resta, ne tradition vivante.

05-L'ultime accident

Muldhara chakra

Sois authentique dans ta recherche

croix verte

Sois authentique dans ta recherche, donne-toi à fond, fais tout ce que tu peux dans ce but. C'est l'intensité de la soif de connaître l'originel au-delà du reflet qui te rendra digne de "l'ultime accident".


Chiyono allait d'un monastère à l'autre pour prendre sannyâs et devenir une sœur mais même les grands maîtres la refusaient car elle était belle;si belle que les pauvres moines en auraient eu la tête à l'envers et ils auraient oubliés Dieu et tout le reste. Cependant, Chiyono était tellement déterminée qu'elle en vint à se brûler le visage, se défigurant complètement. Ensuite elle alla vers un maître et ce maître ne put même pas distinguer si Chiyono était un homme ou une femme ; c'est ainsi qu'elle fut acceptée dans un monastère.


Puis Chiyono fut réellement prête;sa recherche était authentique, elle était prête pour l'accident et elle l'avait bien mérité : elle avait étudié et médité pendant plus de 40 ans, ans discontinuer. Et alors...


Voici que par une belle nuit de printemps Chiyono regardait le reflet de la lune dans le seau d'eau qu'elle portait. Même l'image de la lune peut être belle, puisqu'elle reflète son absolue beauté. C'est d'abord en contemplant le reflet des choses que l'on est attiré vers leur source. Un véritable chercheur spirituel peut apprécier chaque reflet de la source et la beauté, la musique qui s'en dégage ; c'est ainsi que, peu à peu, il en arrive à se laisser aspirer vers la source, vers l'origine du reflet.


Chiyono marchait donc sur le chemin, regardant le reflet de la pleine lune à la surface de l'eau. Soudain, les liens de bambou qui ceinturaient le seau se brisèrent et le seau tomba en pièces détachées.


L'eau se répandit sur le sol, le reflet de la lune disparut - et Chiyono s'illumina.


Elle écrivit alors ces vers :


* * *

J'ai tout fait pour protéger le seau,
espérant que le fragile bambou
resisterait,
Soudain le Seau s'est ouvert.
Plus d'eau,
Plus de lune dans l'eau
- Le vide dans ma main.


* * *


L'illumination est comme un accident qui survient quand tu es prêt, comme un fruit tombe quand il est mûr. Ne crois cependant pas que cela va t'arriver si tu restes sans rien faire,l'ultime accident n'arrive qu'a ceux qui ont tout fait pour cela, tout donné pour cela. Paradoxalement, ce n'est pas ce qu'ils ont fait qui a déclenché l'accident ; ce qu'ils ont fait a servi à créer un espace pour que l'expérience se produise ; ce qu'ils ont fait, c'est, en quelque sorte, inviter l'expérience. Sans invitation l'hôte attendu ne viendrait pas alors sois prêt pour l'ultime accident, pour l'inconnu. Sois prêt, réceptif, dans l'attente.

06-L'avidité

Muldhara chakra

Sois conscient de ton mental

croix verte

Sois conscient de ton mental, de l'avidité qu'il contient, de son manque de confiance. A travers la conscience vient l'opportunité de transformer l'avidité, de la transmuter.

7-A delà de l'avidité

Muldhara chakra

Tourne ta conscience dans une direction positive

croix verte

Tourne ta conscience dans une direction positive. Comprends que tout ce qui t'est donné à vivre est ce dont tu as besoin pour grandir. Puis, à partir de cette confiance, commence à danser la grande danse de la gratitude.

 

Narada, le grand mystique indien, s'en allait voir Dieu. Il traversait une forêt en jouant de sa flûte quand il rencontra un très vieux sage assis sous un arbre.


Le vieux sage lui dit :


"S'il te plaît, pose à Dieu une question de ma part : Pendant trois vies j'ai fait toutes sortes d'efforts, qu'est-ce qu'il faut que je fasse de plus maintenant? Quand est-ce que je serai libéré?"
Narada rit, puis dit :
"D'accord, je Lui demanderai."


Alors qu'il poursuivait sa route il vit sous un autre arbre un jeune homme en train de danser et de chanter, jouant joyeusement de son instrument de musique.

Narada lui demanda en plaisantant :


"Est-ce que tu voudrais toi aussi poser une question à Dieu?"
Le jeune homme ne répondit pas ; il continua à danser comme s'il n'avait rien entendu.


Quelques jours plus tard Narada revint.

Il dit au vieil homme :

 

"J'ai posé ta question à Dieu. Sa réponse est : "Encore trois vies !"

 

Le vieil homme se mit en rage, il jeta son chapelet et ses saintes écritures et s'écria :


"C'est absolument injuste ! Encore TROIS vies ! ! !"


Narada se dirigea alors vers le jeune homme qui était encore en train de danser et il dit :


"Bien que tu ne n'aies rien demandé j'ai quand même questionné Dieu à ton sujet, mais j'avoue qu'après avoir vu la colère du vieil homme j'hésite entre te dire et ne pas te dire sa réponse."


Le jeune homme ne dit rien, il continuait à danser.


Narada reprit :


Quand j'ai demandé à Dieu combien de temps il te faudrait pour Le trouver et t'illuminer il m'a répondu : "Dis au jeune homme qu'il devra renaître autant de fois qu'il y a de feuilles à l'arbre sous lequel il danse."


A ces mots le jeune homme dansa de manière encore plus extatique, disant :


"Si peu de temps?... Il y a dans le monde tant d'arbres et tant de feuilles... Seulement un arbre? S'il vous plaît, la prochaine fois que vous verrez Dieu, remerciez-Le de ma part, transmettez-Lui ma gratitude !"


Il est dit que le jeune homme s'illumina au moment même où il prononçait ces paroles...


Quand il y a une telle confiance, le progrès spirituel n'est plus une question de temps;le but peut être atteint d'un moment à l'autre. Mais, s'il n'y a pas de confiance, même trois vies ne suffisent pas. Quelque chose me dit que le vieil homme de cette histoire doit encore être quelque part par-là, attendant impatiemment son tour d'illumination. Un mental comme le sien est le plus gros obstacle à la libération;un tel mental n'est rien d'autre que ce que l'on appelle "l'enfer".

8-L'art d'être disciple

Muldhara chakra

Un vrai disciple est avant tout un disciple de la vie

croix verte

Un vrai disciple est avant tout un disciple de la vie. Il apprend de chaque situation ce qu'elle lui donne à vivre. Il est toujours prêt à tirer la leçon de chaque situation vécue pour continuer à grandir intérieurement et trouver le maître en lui.


Alors que Hassan, grand mystique soufi, était sur son lit de mort, quelqu'un lui posa la question suivante :


"Hassan, qui est ton maître?"


"Voici ce qu'il répondit : "


"J'ai eu des milliers de maîtres. Cela prendrait des mois, des années pour simplement les nommer et il est trop tard. Mais il y en a trois dont je vais certainement vous parler.


"L'un était un voleur."


"Un jour, alors que je m'étais perdu dans le désert, je finis par atteindre un village à une heure très tardive. Tout était fermé, mais je finis par trouver un homme occupé à percer le mur d'une maison. Je lui demandai s'il pouvait m'indiquer une auberge ouverte et il me répondit :

 

"A cette heure de la nuit ce sera difficile, mais vous pouvez venir chez moi - si toutefois cela ne vous dérange pas de dormir chez un voleur."


"Il s'avéra, que cet homme était merveilleux. Je suis resté chez lui pendant un mois et chaque nuit il me disait :


'"Maintenant, je pars travailler. Toi, repose-toi et prie le Seigneur."

 

"Quand il revenait je lui demandais : "


"As-tu pu prendre quelque chose?" ; et il répondait :


"Pas cette nuit... Mais demain j'essaierai à nouveau, et si Dieu le veut.."

"Il n'était jamais sans espoir, il était toujours content."


"Cette expérience me fut d'un grand secours durant toutes ces années où je méditais et méditais sans que rien ne se produise. Il m'arriva à plusieurs reprises, dans des moments de désespoir, d'avoir envie de laisser tomber. Et je me rappelais alors le voleur qui m'avait dit chaque nuit :

 

"Si Dieu le veut, ce sera demain."


"Mon second maître fut un chien."


"Alors que j'allais à la rivière pour m'y désaltérer un chien arriva, lui aussi très assoiffé. Il regarda dans l'eau, vit sa propre image, prit peur, se mit à aboyer et s'enfuit. Mais sa soif était telle qu'il revint et finalement, en dépit de sa peur, il sauta dans l'eau et l'image disparut. Je sus alors qu'un message m'était envoyé par Dieu, un message qui disait : '

 

"On doit sauter, malgré toutes ses peurs."


"Mon troisième maître fut un jeune enfant."

 


"Alors que j'arrivais à une ville je vis un enfant qui portait une bougie allumée. Il allait à la mosquée l'y déposer.

 

"Pour le taquiner je lui demandai : "

 


"As-tu allumé la bougie toi-même?"

 


"Il dit : "


"Oui Monsieur."

 

"Je continuai : "


"A un moment la bougie était éteinte et à un autre moment elle était allumée. Peux-tu me montrer la source d'où est venue la lumière?"


"Le garçon rit, souffla la bougie et dit : "


"Vous venez de voir la lumière partir. Où est-elle allée? Dites-le moi."


"Mon ego fut ébranlé, tout mon savoir était ébranlé, et je sentais ma stupidité. Depuis ce jour, j'ai laissé tomber ma prétention de savoir."

L'existence entière peut être ton maître;la vie est le plus grand maître. Cependant, nous ne sommes pas toujours en mesure de tirer par nous-même les enseignements transmis par chaque situation traversée et c'est pourquoi, pour la plupart des gens, le maître humain est une étape nécessaire vers le maître intérieur, vers celui qui, en nous, sait déchiffrer les leçons de la vie.


Être un disciple c'est rechercher consciemment son maître intérieur en restant toujours ouvert aux leçons que la vie nous donne. Le plus sûr moyen de trouver ce maître intérieur c'est de trouver un maître extérieur qui a lui-même parcouru le chemin et qui peut nous guider en toute conscience au-delà des pièges tendus par notre ego, cet ego qui n'est qu'un cancre sourd aux leçons de la vie et qui s'acharne à répéter, toujours et encore, les mêmes comportements inconscients mais névrotiques.


Néanmoins, ce n'est pas le maître extérieur qui enseigne, c'est la.. vie. Le maître extérieur n'est là que pour t'aider à voir et comprendre ce que ton ego masque, voir et comprendre les messages de la vie. Le maître est comme une grande piscine dans laquelle tu peux apprendre à nager. Une fois que tu as appris, une fois que tu sais nager, tous les océans sont à toi.


La relation entre le disciple et le maître est une relation de cœur à cœur. Le disciple n'a pas précisément envie d'entendre parler de Dieu, ou de la Vérité, ou de l'Amour, il veut goûter, expérimenter, et pour cela il est prêt à prendre le risque de sauter dans l'inconnu.


Le disciple est réceptif, vulnérable car il n'y a pas besoin de défenses devant le maître et donc les défenses tombent, puis le disciple commence à n'être plus rien de distinct, il se mélange au maître, détruit toute distance, se fond dans l'énergie, plonge au fond du brasier qu'est le cœur du maître et s'y consume totalement, et alors le miracle peut se produire : le disciple renaît à lui-même, il porte les ailes de la liberté et il prend son vol. La chenille rampante de l'ego est devenue le papillon lumineux et libre qui ira butiner le nectar de la vie.


Le mot "disciple" ;signifie : celui qui est prêt pour apprendre, ce qui explique le mot "discipline". Créer un espace pour apprendre et être disciple implique que l'on soit prêt à mettre de côté tous ses préjugés, prêt à renoncer à toute croyance, toute certitude, tout à priori, afin d'apprendre seulement à partir de l'expérience.


Le maître n'est pas non plus là pour nous habiller davantage, pour nous couvrir de nouvelles certitudes ou nous réconforter avec de nouvelles croyances, il est là pour nous mettre à nu;pour nous dépouiller du faux de façon à ce que, par nous-même et à partir de notre propre expérience, nous puissions trouver le VRAI.


Quand un être humain prend conscience que l'ego qui mène sa barque est la cause de toutes ses misères, il part en quête d'une énergie pour annihiler cet ego, pour l'en débarrasser., Le maître n'est qu'une excuse pour que le disciple abandonne son ego. Et ce n'est que dans une profonde relation d'amour que l'ego peut disparaître.


L'amour entre le maître et le disciple est une des plus hautes formes d'amour, une des plus pures, car ce n'est pas une relation mais une communion il n'y a pas d'échange, il y a fusion, et cette fusion se fait à sens unique : elle est la fusion du disciple en tant qu'être limité, fini, dans l'illimité, l'infini. Illimité et infini que le maître représente mais dans ce processus le maître n'est rien, il n'est qu'un prétexte pour que le disciple se dépouille devant DIEU.


Le maître n'est qu'un moyen. Il représente simplement un point où Dieu est visible pour le disciple;un repère, la matérialisation temporaire - mais nécessaire - de l'éternel infini

Quand la fusion s'est réellement opérée, quand le disciple est entré au plus profond du cœur du maître, ce n'est pas le maître qu'il trouve, c'est Dieu, DIEU Lui-même, ou la VIE, l'EXISTENCE, la VÉRITÉ, l'AMOUR, la CONSCIENCE - peu importe le nom qu'on lui attribue.


Un disciple est prêt à devenir une pure matrice dans laquelle viendra se déposer la graine. Il est réceptif, prêt à absorber. Il n'est pas là pour lutter, discuter, argumenter avec le maître, il est là pour recevoir. Or, ce qu'il reçoit est de l'ordre du mystère car le maître ne donne rien, rien si ce n'est sa présence;l'expérience a lieu par le simple fait de la présence du maître, de même que l'ouverture du bourgeon est provoquée par la présence du soleil et de la lumière. Le soleil ne fait rien, il n'agit pas, il est seulement un catalyseur;sans le soleil le bourgeon ne s'ouvrirait jamais, la fleur ne pousserait jamais, le parfum ne serait jamais exhalé. Sans le soleil le bourgeon ne réaliserait jamais son potentiel, sans le maître le disciple resterait endormi.

9-Le plus grand des miracles

Muldhara chakra

Sois simplement ordinaire et réjouis-toi.

croix verte

Un rappel pour ne pas te laisser piéger par les phénomènes psychiques, paranormaux ou autres, tels que les attaques de félicité ou les miracles subits.

 

Ne les prends pas pour des indications te signalant que tu es arrivé quelque part car il n'y a nulle part où arriver. Sois simplement ordinaire et réjouis-toi.

 

Voici une histoire au sujet de Rinzaï :

 

Un de ses disciples discutait avec le disciple d'un autre maître spirituel qui lui disait :

 

"Notre maître est un homme de miracles. Il peut faire tout ce qu'il veut ; je l'ai vu de mes propres yeux accomplir de nombreux miracles. Et ton maître, qu'a-t-il de spécial? Quels miracles peut-il accomplir?"

 

Le disciple de Rinzaï répondit :

 

"Le plus grand miracle que puisse faire mon maître est, justement, ..de ne pas faire de miracles."


* * *


Médite bien sur cela.


Quand des pouvoirs miraculeux commencent à se manifester, seul le faible les utilise. Le plus fort ne s'en occupe même pas car il sait que les miracles ou les expériences "surnaturelles" ;sont des pièges pour l'ego, une dernière épreuve pour le tenter et le retenir en arrière.


Durant ta vie spirituelle tu risques fort de rencontrer de ces expériences "psychiques". Si tu ne les laisses pas te piéger, si tu sais les observer sans céder à la tentation de les utiliser, si tu peux les traverser sans t'y noyer, alors tu atteindras ton centre. Alors, et alors seulement, tu arriveras "à la maison"

10-La valeur

Muldhara chakra

Ne cherche pas à être le premier

croix verte

Ne cherche pas à être le premier N'essaie pas de prouver tes mérites par des actes qui te rabaisseraient au rang d'objet utilitaire.
Ce n'est pas par ce que tu fais que tu gagneras le paradis mais par l'amour et la méditation que tu auras su faire naître en toi. Ne cherche pas à être absolument utile, laisse Dieu t'utiliser.

Alors que Lao-Tseu voyageait avec ses disciples ils atteignirent une forêt où des centaines de bûcherons étaient affairés à couper des arbres. La forêt était presqu'entièrement décimée, à l'exception d'un arbre gigantesque aux milliers de branches. Cet arbre était si grand qu'un millier de personnes aurait pu s'asseoir à son ombre.

Lao-Tseu demanda à ses disciples d'aller voir pourquoi cet arbre n'avait pas été coupé. Les disciples posèrent donc la question aux bûcherons, et ceux-ci répondirent :

"Cet arbre est totalement inutile, on ne peut rien en faire : ses branches sont pleines de nœuds, il est tout tordu, on ne peut pas l'utiliser comme combustible parce que sa fumée est dangereuse pour les yeux. Il n'a absolument aucun usage ; c'est pour cela qu'on ne l'a pas coupé."

Les disciples rapportèrent ces paroles à Lao-Tseu, et Lao Tseu rit et dit :

"Soyez comme cet arbre ! Si vous êtes utilisable on vous coupera et on vous transformera en meubles. Si vous êtes beau vous serez une marchandise sur la place du marché. Soyez plutôt comme cet arbre, soyez absolument inutile ; alors vous pourrez pousser, prendre de l'ampleur, et des milliers de gens viendront s'abriter sous vos branches."

Lao-Tseu a une logique tout à fait différente de la vôtre. Il dit :

"Soyez les derniers, passez dans le monde comme si vous n'y étiez pas, n'entrez pas en compétition, n'essayez pas de prouver vos mérites car cela n'est pas nécessaire. Restez inutile, et ré-jouissez-vous."

On juge -hélas !- les gens sur leur utilité. Je ne dis pas qu'il ne faut jamais être utile;souviens-toi simplement que les expériences les plus profondes, les plus riches, les plus extatiques sont toujours liées à l'inutile. Elles viennent de la poésie, de la peinture, l'amour, la méditation.

La plus grande joie est celle que l'on ressent lorsque l'on est capable de faire quelque chose de non utilitaire. La récompense est alors intérieure, intrinsèque ; elle n'a rien à voir avec l'activité....

Ne t'inquiète donc pas si tu te sens inutile, tu deviendras un arbre gigantesque au généreux feuillage et les gens fébrilement occupés à être utiles viendront se reposer à l'ombre de tes branches.

11-Etre ordinaire

Muldhara chakra

Etre tout simplement ordinaire est un miracle

croix verte

Etre tout simplement ordinaire est un miracle. Ne pas être assoiffé d'être quelqu'un de "spécial" ; est un miracle. Laisse la nature suivre son cours, permets-lui.

Un jour Bankei, un maître Zen, était occupé à jardiner. Un chercheur vint et demanda :

"Jardinier, où est le maître?"

Bankei rit et répondit :

"Passez par cette porte, vous le trouverez à l'intérieur." ;L'homme entra donc dans la maison et y trouva, assis dans un fauteuil, l'homme qui travaillait dans le jardin un instant plus tôt.

"Qu'est-ce que vous faites là? Laissez ce siège ! C'est un
sacrilège ! Vous n'avez aucun respect pour le maître !"

Bankei se leva, s'assit au sol et dit :

"Maintenant le maître n'est plus assis dans le fauteuil."

Le visiteur ne pouvait pas imaginer qu'un grand maître puisse être tout à fait ordinaire. Il s'en alla... sans avoir rien compris.

Une autre fois, entouré de ses disciples, Bankei prêchait tranquillement quand le prêtre d'une secte qui croyait au pouvoir-des miracles l'interrompit. Ce prêtre se vanta, affirmant que le fondateur de sa religion pouvait écrire avec un pinceau, de la berge où il se trouvait, un nom saint sur le papier que tenait un assistant sur l'autre berge de la rivière. Et il demanda à Bankei :

"Et vous, quels miracles pouvez-vous faire?"

Bankei répondit :

"Un seul. Quand j'ai faim je mange et quand j'ai soif je bois."
* * *

Le seul miracle, l'impossible miracle, c'est d'être simplement ordinaire.

On désire être extraordinaire, l'ego a soif de reconnaissance, or, quand on accepte de n'être rien du tout, quand on peut être aussi ordinaire que tout le monde, quand on n'a pas besoin d'être reconnu, quand on peut exister comme si on n'existait pas, alors là, voilà un miracle.

Le pouvoir n'est jamais spirituel, les gens qui font des miracles ne sont spirituels en aucune manière, ils répandent la magie au nom de la religion et cela est dangereux.

Peut-être penseras-tu :

"Mais quel genre de miracle est-ce donc que de manger quand on a faim ou de dormir quand on a sommeil !" ;

Et pourtant, Bankei a bien dit l'essentiel car, en fait, le mental interfère sans cesse : si tu as faim ton mental dit : "Non, il faut jeûner" ;quand tu n'as pas faim ton mental dit "mange, c'est bon !".

Bankei, lui, dit : " ; Je me laisse porter par la nature ; ce que mon être sent, je le lui accorde. Il n'y a pas de manipulation mentale."

Et en vérité il n'y a qu'un seul miracle, c'est de laisser la nature suivre son cours, sans interférer.

12-La récéptivité

Muldhara chakra

Deviens réceptif à l'existence entière

croix verte

Il est temps d'arrêter de chercher agressivement des réponses à tes questions.

Vide-toi d'abord complètement, deviens réceptif à l'existence entière. Relaxe-toi, tout simplement. Attends et prends du bon temps.

Un professeur de philosophie alla un jour voir Nan-ln, maître Zen, afin de lui poser des questions sur Dieu, la méditation, et toutes ces choses. Le maître l'écouta silencieusement puis lui dit :

"Vous semblez fatigué, vous avez grimpé cette haute montagne et vous êtes venu de très loin. Laissez-moi vous offrir d'abord du thé."

Le professeur attendit donc, tout bouillonnant de questions. Alors que le samovar chantait et que l'arôme du thé commençait à s'exhaler Nan-In dit à son visiteur :

"Ce ne sera plus long. Ne soyez pas si pressé, qui sait?, peut-être trouverez-vous réponse à vos questions en buvant votre thé?"

Le professeur commença à se demander si ce voyage n'était pas un échec : "Cet homme semble fou. Comment puis-je trouver une réponse à mes questions sur Dieu en buvant une tasse de thé?" ;Mais il était également fatigué, et boire une tasse de thé avant de redescendre ne serait pas désagréable...

Le maître apporta la théière, versa le thé dans la tasse, le thé déborda dans la soucoupe mais le maître continuait à verser. La soucoupe se remplit à son tour;une goutte de plus et le thé allait se répandre au sol. Le professeur s'écria :

"Arrêtez ! Que faites-vous? Vous ne voyez pas que la tasse est pleine, que la soucoupe est pleine?"

Nan-In répondit :

"C'est exactement la situation dans laquelle vous vous trouvez. Votre mental est si plein de questions que même si j'y répondais il n'y aurait pas de place pour les réponses. Et je vais vous dire une chose : dès que vous êtes entré ici vos questions ont envahi l'espace, cette petite hutte est pleine de vos questions. Retournez chez vous, videz votre tasse, puis venez. Faites d'abord un peu de place en vous."

* * *

Dans ce stage où tu te trouves maintenant tu es tombé dans un endroit encore plus dangereux que la hutte de Nan-In car, ici, il ne suffit pas de vider la tasse : il faut la briser. Il faut la briser parce que, même avec la tête vide, tu ne peux rien recevoir si ton ego est encore là. Ce n'est que lorsque l'ego a disparu que le thé peut être versé en toi.

Quand l'ego et ses questions ont disparu, alors l'existence entière commence à se déverser en toi et tu n'as plus besoin de réponses pour trouver la plénitude.

13-Renoncer au savoir

Muldhara chakra

Tu es prêt à laisser tomber le faux, la connaissance empruntée.

croix verte

Tu es prêt à laisser tomber le faux, la connaissance empruntée, et à aller dans ta propre sagesse, ta propre compréhension.

Nâropa était un grand érudit. L'histoire suivante lui est arrivée avant qu'il ne s'illumine;on dit qu'il était alors recteur d'une grande université qui regroupait plus de 10.000 de ses disciples.

Un jour qu'il était entouré de ses disciples et au milieu de milliers de livres rares et anciens, il s'endormit soudainement. Ce qu'il vit alors était si éloquent qu'il ne serait pas juste de dire que c'était un rêve, c'était plutôt un songe, une vision.

Une très vieille et horrible femme, une sorcière vraiment laide -si laide que dans son sommeil Nâropa en trembla- lui demanda : "Nâropa, que fais-tu?"

Ce à quoi Nâropa répondit :

"J'étudie !"


"Qu'étudies-tu? demanda la vieille femme. "

"La philosophie, la religion, l'épistémologie, les langues, la logique... "

"Les comprends-tu? demanda la vieille femme. "

"Oui, je les comprends, dit Nâropa. "

"Comprends-tu les mots, ou le sens?" ; demanda la femme. Ses yeux étaient si pénétrants qu'il était impossible de lui mentir. Sous ce regard Nâropa se sentit nu, transparent. Il dit :

"Je comprends les mots."

La femme se mit alors à danser en riant et sa laideur fut transformée;une subtile beauté commença à émaner de son être.

Nâropa se dit : "Je l'ai rendue si heureuse... pourquoi ne pas la rendre encore un peu plus heureuse?" ; et il ajouta donc :

"Oui, et je comprends également le sens."

La femme s'arrêta de rire, s'arrêta de danser, commença à se lamenter et à pleurer, et toute sa laideur revint -en mille fois pire qu'avant.

Nâropa demanda :

"Pourquoi?"

Et la femme dit :

"J'étais si heureuse qu'un grand érudit comme toi ne m'ait pas menti... Mais maintenant je pleure car tu m'as menti : je sais et tu sais que tu ne comprends pas le sens."

Et la vision disparut.. Et Nâropa fut transformé. Il quitta l'université, il ne toucha plus jamais une écriture sainte de sa vie, il avait compris.

* * *

Un homme de sagesse, un homme de compréhension a une fraîcheur, une vie parfumée totalement différente de celle d'un érudit, d'un intellectuel. Celui qui comprend le sens devient beau ; celui qui ne comprend que les mots devient laid.. Dans le songe de Nâropa la femme était une projection du monde intérieur de l'érudit, son propre être devenu affreux par ce savoir non digéré, ce savoir intellectuel.

Après avoir pris conscience que l'on ne trouve pas l'essence de la Vérité dans les livres mais dans l'expérience, Nâropa partit en quête. il avait compris que la lecture des "saintes Ecritures" ;ne suffisait pas ; il avait compris qu'un seul maître vivant lui serait bien plus utile dans sa recherche que des milliers de livres morts

14-La confiance

Muldhara chakra

Une foi profonde

croix verte

Quand tu es dans une foi profonde, cette qualité même de confiance transforme ta vie, quelles que soient les circonstances.

Quand Milarépa arriva chez son maître au Tibet il était si humble, si pur, si authentique que les autres disciples furent aussitôt jaloux de lui. Comme tout le monde pensait qu'il deviendrait le successeur, les disciples firent tout leur possible pour le tuer.

Milarépa avait vraiment, vraiment confiance. Un jour ses compagnons lui dirent :

"Si tu as réellement foi dans le maître, peux-tu sauter de la falaise? Ce n'est rien du tout si la foi est là, aucun mal ne peut arriver."

Et Milarépa sauta sans hésiter une seule seconde. Les disciples se ruèrent dans la vallée - une vallée encaissée de presque trois mille pieds. Ils couraient voir les os de Milarépa éparpillés mais ils le trouvèrent assis en lotus et immensément heureux.

Il ouvrit les yeux et dit :

"Vous avez raison, la foi sauve !"

Les autres pensèrent alors que Milarépa s'en était sorti par miracle, par pure coïncidence, et donc, un jour qu'une maison était la proie d'un incendie ils lui dirent :

"Si tu aimes le maître et si tu as confiance, tu peux entrer dans le feu..."

Et Milarépa entra dans le brasier pour aller chercher la femme et l'enfant restés à l'intérieur. Les flammes faisaient tellement rage que tous étaient convaincus que Milarépa n'en sortirait que carbonisé, or il ne fut même pas brûlé et, grâce â sa foi, il devint encore plus radieux.

Un autre jour où ils voyageaient ensemble il se trouva qu'il fallait traverser une rivière.

"Tu n'as pas besoin de venir dans la barque, lui dirent ses compagnons. Tu as tellement confiance, tu peux marcher sur l'eau !"

Et Milarépa marcha sur l'eau.

C'était la première fois que la maître voyait Milarépa ; il lui dit :

"Que fais-tu? Mais c'est impossible !..."

Et Milarépa répondit :

"Je le fais par ton pouvoir, Maître."

Et alors le maître pensa : "Si grâce à mon nom et mon pouvoir ce stupide ignorant peut marcher sur l'eau, je dois bien pouvoir en faire autant."

Il sauta du bateau et on n'en entendit jamais plus parler.

Même un maître qui n'est pas illuminé peut révolutionner ta vie si tu as une totale confiance en lui.
Le contraire est également vrai : même si un maître est illuminé, il ne te sera d'aucune utilité si tu n'as pas confiance en lui. Tout dépend de toi et de ta capacité à faire confiance, à éveiller ta foi.

15-La vulnérabilité

Muldhara chakra

Ne te protège pas

croix verte

Si tu as rencontré un maître pour te guider, rappelle-toi qu'il utilisera n'importe quelle situation, à n'importe quel moment, pour t'éveiller Alors, ne te protège pas ! Ouvre-toi, sois vulnérable, abandonne-toi, et mets toute ta foi en ton maître.

Le maître japonais Ekido était un professeur sévère et ses élèves avaient peur de lui.

Un jour, un de ses disciples frappait le gong du temple pour annoncer l'heure quand une belle fille passa. Le moine en perdit la tête et, tout à ses rêves et désirs, il rata un coup de gong.

Le maître qui se tenait derrière lui lui asséna alors un grand coup sur la tête avec son bâton;un coup si fort que le disciple en tomba raide mort.

Au Japon, la tradition voulait que quand un disciple venait au Maître il écrivît dans une déclaration signée :

"Ma vie et ma mort t'appartiennent. Tu peux me tuer si tu veux."

Mais malgré cette tradition les gens commencèrent à condamner Ekido. Pourtant, cette tradition d'Ekido fut l'une des plus significatives au Japon puisque 10 de ses disciples connurent l'illumination, chiffre rarement atteint.

Après la mort de son disciple Ekido continua à vivre comme si rien ne s'était passé. Si quelqu'un lui posait une question au sujet du moine il riait, mais jamais il ne dit que cela avait été un accident car il savait une chose que les autres ignoraient, une chose qui ne leur était pas perceptible.

Ce qui s'était en fait passé c'est que, par le coup de bâton de son maître, le disciple avait atteint l'illumination. Le coup l'avait sorti de son rêve et de son désir et le moine avait atteint la Conscience cosmique. Mourir en état de vigilance, mourir en étant pleinement conscient dans la mort, c'est s'illuminer.

Ekido savait cela et il avait utilisé la situation du disciple rêvant de la jeune fille pour le rappeler brusquement à la vigilance. Ekido était vraiment un très grand maître, il était si proche de son disciple qu'en une fraction de seconde il avait exploité la situation pour lui offrir le plus grand des cadeaux : l'illumination.

* * *

Tu penses peut-être que le maître a tué le disciple mais ce n'est pas ce qui se passa. Le disciple était sur le point de mourir de toute façon, et le maître le savait. Cela n'est pas dit dans l'histoire, cela ne peut pas être dit mais c'était pourtant le cas;sinon le maître n'aurait eu aucune raison de se tenir derrière son disciple qui frappait le gong ; frapper le gong est une chose très ordinaire, un rituel quotidien,... est-ce qu'Ekido n'avait rien de plus important à faire?

Or à ce moment il n'y avait rien de plus important. Il fallait mettre à profit la mort du disciple. Néanmoins, ceci est un réel secret, et on ne peut pas l'utiliser en plaidoyer pour défendre Ekido au tribunal. Un maître regarde profondément en toi, il sait le moment exact de ta mort, et si tu es en abandon total la mort peut être mise à profit.

Rester vulnérable cela veut dire s'ouvrir à la possibilité qu'une occasion de grandir te soit donnée à chaque instant. Et, si tu as trouvé un maître, sache qu'à tout moment il peut utiliser son "bâton" ;pour transformer le plomb de ton inconscient en Or de la Conscience.

16-L'imitation

Muldhara chakra

Tu es la lumière intérieure;non la lampe mais la flamme.

croix verte

Regarde-toi et vois si, dans tes comportements, ily a quelque chose qui n'est pas authentique, quelque chose que tu as emprunté à d'autres. Vois si tu imites les autres.

Sache que, dans l'imitation, la graine de l'authenticité qui est à l'intérieur de toi reste morte. Prends alors l'épée de ta conscience et tranche, tranche cette imitation, complètement, même si cela est douloureux. Et si tu en souffres laisse cette souffrance descendre en profondeur ; car dans le fond de ton être sommeille ton moi endormi, ta véritable authenticité, celle que tu as cachée en imitant les autres.

Le maître Zen Gutei avait l'habitude de lever le doigt quand il donnait son enseignement.

Un très jeune disciple commença à l'imiter, levant le doigt dès que quelqu'un lui posait des questions sur l'enseignement de son maître. Gutei finit par en entendre parler et un jour il tomba sur le garçon levant le doigt. Le maître le saisit, sortit son couteau et en trancha le doigt qu'il jeta au loin. Le jeune garçon s'enfuit en hurlant et Gutei lui cria :

"Stop !".

Le garçon s'arrêta, se retourna et regarda le maître à travers ses larmes.

Gutei avait le doigt levé. Pris par son habitude le garçon voulut faire de même mais il réalisa sur-le-champ qu'il ne pouvait plus. Il s'inclina alors devant Gutei et s'illumina.

Les maîtres ne font rien inutilement, même pas lever le doigt. Gutei ne levait un doigt que lorsqu'il enseignait le Zen, pas autrement. Pourquoi? Parce que, par ce geste, il voulait indiquer que l'homme doit être UN, unifié, et en parlant de la méditation dont le but est de réunifier l'être il levait le doigt en illustration symbolique. Les explications de Gutei passaient donc au second rang, le doigt levé étant l'élément essentiel qui signifiait : "Soyez UN et vos problèmes seront résolus."

Le garçon l'avait imité, mais l'imitation ne mène nulle part. Si tu imites quelqu'un ton idéal vient de l'extérieur, tu es un robot, tu n'es pas toi-même. La graine de ton individualité restera morte aussi longtemps que tu calqueras tes comportements sur ceux des autres. Sois toi-même, et tu feras pousser cette graine qui est ta vérité. Trouve-la, car c'est seulement en étant toi-même que tu pourras t'unifier et être bien à l'intérieur de toi. Sois prêt à payer le prix de la souffrance que cela engendre d'ôter les masques ou de couper le doigt de l'imitation pour devenir toi-même. Tu es la lumière intérieure;non la lampe mais la flamme.

17-L'éveil

Muldhara chakra

N'agis pas à partir de ton ego

croix verte

Dès que tu vois que tu agis sans conscience, arrête. Ne sois pas un robot. N'agis pas à partir de ton ego. Prends une tasse de thé, réveille-toi, puis agis ensuite avec conscience.

Le thé est un symbole Zen lié à la conscience car le thé rend plus alerte, plus conscient. Les inventeurs du thé furent les bouddhistes ; durant des siècles ils l'utilisèrent comme aide pour la méditation et il est vrai que le thé peut aider à méditer.

Voici l'histoire :

Bodhidharma méditait sur une certaine montagne de Chine appelée "Ta". De ce mot "Ta" ;vient le mot "thé". Cette montagne appelée "Ta" ; est également appelée "Cha", et c'est pourquoi, en Inde, le thé est appelé "chaï" ;ou "cha".

Bodhidharma méditait très souvent ; il affectionnait particulièrement une certaine méditation qui durait 18 heures mais c'était difficile, le sommeil le gagnait et ses paupières devenaient lourdes, lourdes... Un jour, il se coupa les paupières et les jeta au loin ; ainsi il ne pourrait plus fermer les yeux.

L'histoire est belle car il est dit que les paupières devinrent les premières graines de thé et donnèrent naissance à une plante. Avec cette plante Bodhidharma fut le tout premier du monde à préparer un thé et il fut étonné de constater que cette boisson gardait éveillé plus longtemps. Aussi, durant des siècles les gens du Zen burent-ils du thé, et pour eux le thé est devenu quelque chose de sacré.

18-La méditation

Muldhara chakra

Prête attention à toute chose

croix verte

Prête attention à toute chose. Il n'y a pas de grandes choses ni de petites choses, tout est divin. Tu peux trouver Dieu partout, dans tout.

Un disciple qui avait pratiqué la méditation durant un certain temps vint voir Ikkyu. Il pleuvait, aussi laissa-t-il ses chaussures et son parapluie dehors avant d'entrer. Après qu'il ait salué Ikkyu celui-ci lui demanda :

"De quel côté de tes chaussures as-tu posé ton parapluie?"

Mais quelle drôle de question ! On pourrait s'attendre à ce que le maître pose des questions sur Dieu, sur l'éveil de la Kundalini, l'ouverture des chakras, ou sur les lumières qui s'allument dans la tête, mais Ikkyu avait posé une question bien ordinaire. Qu'ont donc de commun des chaussures, un parapluie, et la spiritualité?

Et pourtant, la question était tout à fait adéquate, pleine de bon sens. En effet, le disciple fut bien incapable de se rappeler de quel côté il avait posé son parapluie. Qui donc s'occupe de savoir où il a mis ses chaussures et de quel côté est posé son parapluie !

Mais, pour Ikkyu, cela fut suffisant et le disciple fut refusé.

"Va, médite encore pendant sept ans" ; dit Ikkyu.

"Sept ans, dit le disciple, juste pour cette petite faute?"

Le maître répondit :

"Les fautes ne sont ni petites ni grandes. Tu ne vis tout simplement pas de façon méditative, c'est tout !"

* * *

Ne fais pas de distinction entre les choses, ne pense pas que ceci est trivial et cela vraiment très spirituel. Sois attentif, vigilant, et tout deviendra spirituel. Quand tu ne fais pas attention, quand tu n'es pas vigilant, rien n'est spirituel.

C'est toi qui imprègnes les choses de spiritualité, c'est ton cadeau au monde.

Quand un maître comme Ikkyu touche son parapluie il le touche consciemment, et ainsi le parapluie devient aussi divin qu'il est possible d'être divin. L'énergie méditative est une énergie alchimique, elle transforme le profane en sacré.

Pèle une orange comme si tu étais en train de diriger une symphonie, alors tu te rapprocheras de plus en plus du sacré, du divin. Plus tu deviens méditatif et plus tu vois Dieu partout. Au faîte de la méditation TOUT est DIEU.

19-Etre centré

Muldhara chakra

Reste centré

croix verte

Reste centré. Ne laisse pas les autres te manipuler avec leurs tentatives pour te pousser ici ou là. Ne te laisse pas piéger par les autres en tombant à leur niveau.

Une fois, au temps de Bouddha, Amrapalli, une des plus belles et fameuses prostituées tomba amoureuse d'un moine bouddhiste, un moine mendiant. Elle l'invita à venir chez elle et à y rester les quatre mois de la saison des pluies, période durant laquelle ces moines ne voyagent pas. Le moine dit :

"Je dois demander au maître. S'il le permet je viendrai."

Les autres moines furent très jaloux quand ils entendirent le jeune homme présenter sa demande à Bouddha. Ils se levèrent et dirent :

"Ce n'est pas bien ! Même d'avoir permis à cette femme de te toucher les pieds est mal car Bouddha a dit :

"Ne touche pas à une femme, ne permets à aucune femme de te toucher."

"Toi tu n'as pas respecté la règle et maintenant voilà que tu demandes à rester avec la femme pendant quatre mois !..."

Bouddha intervint alors :

"Je vous ai dit de ne pas toucher à une femme et de ne pas être touché par une femme car vous n'êtes pas encore centrés. La règle n'est plus appliquée à cet homme, je l'ai observé, il ne fait plus partie de la foule."

Et il dit au moine :

"Oui, tu es autorisé."

Alors là c'en était trop ! On n'avait encore jamais vu cela. Tous les disciples étaient en colère et durant des mois des milliers de commérages se propagèrent, exagérant ce qui se passait dans la maison d'Amrapalli et disant que le moine n'était plus un moine, qu'il avait cédé à la tentation.

Quatre mois plus tard le moine revint, suivi d'Amrapalli. Bouddha les regarda et demanda :

"Femme, as-tu quelque chose à me dire?"

Amrapalli répondit :

"Je suis venue pour être initiée par toi. J'ai essayé de distraire ton disciple et j'ai échoué. C'est ma première défaite ; j'ai toujours gagné avec les hommes mais lui je n'ai pas pu le détourner, pas même d'un pouce. Un grand désir s'est alors élevé en moi : atteindre mon centre, rester aussi centrée que lui."

"Il a vécu avec moi, j'ai dansé devant lui, j'ai chanté devant lui, j'ai essayé de le séduire par tous les moyens possibles et imaginables mais il est toujours resté lui-même. A aucun moment je n'ai vu un voile dans son esprit ou l'ombre d'un désir dans ses yeux. J'ai tenté de le convertir mais c'est lui qui m'a convertie, sans dire un seul mot. Ce n'est pas lui qui m'a amenée ici, je suis venue de moi-même. Pour la première fois j'ai su ce qu'est la dignité, j'aimerais apprendre ton art."

Et Amrapalli devint disciple de Bouddha.

* * *

Qui est centré suit son propre cap, sans qu'on puisse le pousser ici ou là. Il reste totalement lui-même car il est enraciné en son être. On ne peut le distraire, il peut vivre n'importe où.

N'essaie pas de changer les circonstances de ta vie, essaie plutôt de changer tes attitudes. Utilise les situations extérieures pour modifier ton état intérieur. En changeant la situation tu ne changes rien, tu te leurres et tu leurres les autres. La vraie religion consiste à changer l'état de conscience.

Cherche avant tout à élever ta conscience aux plus hauts niveaux. Une fois que ton énergie est en haut, ce qui est tout en bas disparaît de lui-même. C'est cela, la vraie religion.

20-La compréhension

Muldhara chakra

Ce que tu vois chez les autres est ce que tu portes toi-même en toi.

croix verte

Comprends que ce que tu vois chez les autres est ce que tu portes toi-même en toi. Tes jugements sur les autres sont, en fait, des reflets de ce que tu réprimes ou rejettes à l'intérieur de toi-même.

Deux moines Zen devaient traverser une rivière. Ils rencontrèrent une très jeune et belle femme qui voulait aussi traverser mais elle avait peur, aussi un moine la prit-il sur ses épaules et la porta sur l'autre rive.

Le second moine était furieux. Il ne dit rien mais il bouillait intérieurement. C'était interdit ! Un moine bouddhiste ne devait pas toucher une femme or, là, ce moine avait non seulement touché cette femme, mais en plus -comble du péché- il l'avait prise sur ses épaules !

Les kilomètres passèrent. Ils arrivèrent au monastère et, alors qu'ils franchissaient le porche, le moine en colère se tourna vers l'autre et dit :

"Tu sais, je vais devoir tout dire au maître, tout lui raconter. C'est interdit !"

L'autre moine demanda :

"De quoi parles-tu ? Qu'est-ce qui est interdit ?"

"As-tu oublié? Tu as porté cette belle et jeune femme sur tes épaules...."

Le premier moine rit et dit :

"Oui, je l'ai portée;mais je l'ai laissée sur la berge à des kilomètres d'ici. Est-ce que toi tu la portes encore ?"

* * *

Tu portes, dans les profondeurs de ton être, tout ce que tu as réprimé, rejeté, enfoui, et cela se traduit dans tes actes et jugements. Et s'il t'arrive d'éviter quelque chose ou quelqu'un, cela en dit long sur toi-même.

21-Le don

Muldhara chakra

Donne le meilleur de ce que tu as.

croix verte

Il est maintenant temps de t'ouvrir. Arrête d'être misérable et donne le meilleur de toi-même, le meilleur de ce que tu es, le meilleur de ce que tu as. Ouvre ton cœur laisse-le fleurir et répandre son parfum autour de toi.

Tu te souviens de Marie-Madeleine ? Il semble qu'elle ait été la seule vraie disciple de Jésus. Son authenticité était immense. Un jour elle vint vers Jésus et déversa un parfum de très très grande valeur sur ses pieds.

Judas était là et il ne manqua pas l'occasion :

"Mais regarde ! Tu aurais dû l'empêcher ! C'est du gaspillage ! Cette huile était si chère... on aurait pu la vendre ! Des gens meurent de faim et ce parfum est si cher, pourquoi le gaspiller ?"

Cela semble logique, mais que répondit Jésus ? Ce que dit alors Jésus est très illogique :

"Les pauvres seront toujours là;quand je serai mort vous pourrez prendre soin d'eux. Tu ne comprends pas le cœur de cette femme. Laisse-la verser le parfum;qu'il soit cher ou pas n'est pas la question. Je peux voir un grand sentiment s'élever dans son cœur, c'est la prière. Je ne peux pas perturber sa prière."

* * *

Jésus avait compris que Marie-Madeleine avait la beauté du cœur. Ce n'est pas le parfum que Jésus regardait, il regardait le cœur de la femme.

22-L'innocence

Muldhara chakra

Un fou d'amour

croix verte

Le cœur peut même parler à un rocher;un amour total révèle ce mystère. Alors, qu'attends-tu, pour devenir toi aussi, un fou du cœur, un fou d'amour ?

S'il avait vécu à notre époque saint François d'Assise aurait certainement été mis dans une maison de fous. Il parlait aux arbres, il demandait à l'amandier :

"Ma sœur, comment vas-tu? Chante-moi la grandeur de Dieu..." ; Ainsi s'adressait-il à l'amandier, et non seulement ça mais en plus il entendait l'amandier lui répondre ! Un vrai fou, à enfermer et à soigner... Il parlait à la rivière et aux poissons -et il disait que les poissons lui répondaient. Il parlait aux pierres et aux rochers... Vraiment, faudrait-il encore plus de preuves avant de l'enfermer pour folie ?

Oui, saint François d'Assise était certainement fou, mais n'aimerais-tu pas être fou comme lui ? Imagine un peu... Pouvoir entendre l'amandier chanter, sentir au fond de toi que les arbres sont des frères et des sœurs, avoir un cœur qui peut parler aux rochers, un cœur qui voit Dieu partout, vraiment partout, dans toute forme...

Pour voir ainsi Dieu dans toute forme il faut avoir complètement ouvert son cœur. Seul le plus profond amour révèle un tel mystère. Mais pour un esprit logique ces choses-là sont folie, bien sûr.

Ces choses-là sont pourtant les seules choses sensées. Cette attitude est pourtant l'ultime sommet de l'être, alors n'attends pas demain pour devenir, comme saint François, un fou du cœur, un fou d'amour.

23-La prière

Muldhara chakra

N'interfère pas dans la façon dont une autre personne peut prier ou aimer

croix verte

N'interfère pas dans la façon dont une autre personne peut prier ou aimer. Laisse tomber l'idée que toi seul connais la vraie façon d'aimer et de prier. Respecte les autres et accepte l'idée que, quelle que soit leur manière d'aimer ou de prier, cette manière est la bonne pour eux.

Un jour Moïse passa non loin d'un homme en train de prier;mais sa prière était tellement absurde que Moïse s'arrêta. Et non seulement absurde mais aussi insultante pour Dieu. Cet homme disait :

"Laisse-moi venir près de toi, Dieu, et je te promets que je laverai ton corps quand il sera sale, et je t'épouillerai si tu as des poux, et comme je suis un bon cordonnier je te ferai de bonnes chaussures. Personne ne prend soin de toi, Seigneur, mais moi je prendrai soin de toi. Quand tu seras malade je te soignerai et je t'apporterai des médicaments. Et je suis aussi bon cuisinier... "

"Arrête ! cria Moïse. Arrête ces idioties ! Qu'est-ce que tu racontes là? Tu dis que Dieu a des poux, que ses vêtements sont sales et que tu vas les laver, que tu seras son cuisinier... Mais d'où tiens-tu cette prière ? "

"Je ne l'ai apprise nulle part, répondit l'homme ; je suis un pauvre homme sans éducation et je sais bien que je ne sais pas prier. Cette prière, je l'ai faite moi-même et je parle des choses que je connais. Les poux sont un problème pour moi, je pense qu'ils peuvent aussi ennuyer Dieu. Parfois ce que je mange n'est pas très bon et après j'ai mal à l'estomac, Dieu doit quelquefois souffrir de cela lui aussi...- J'ai fait ma prière avec ma propre expérience, mais si vous savez la bonne façon de prier, alors apprenez-la moi !"

Et donc, Moïse lui enseigna la vraie prière. L'homme s'inclina devant Moïse, le remercia les yeux emplis de larmes de gratitude, et s'en alla. Moïse était très heureux, il pensait avoir fait une bonne action, et il leva les yeux vers le ciel pour voir ce que Dieu en pensait.

Or, Dieu était très en colère ! II dit :

"Je t'ai envoyé là pour que tu aides les gens à se rapprocher de moi et voilà que tu as éloigné mon plus grand dévot. Cette "vraie prière" ;que tu lui as apprise ne sera jamais une prière parce que la prière n'a rien  à voir avec la loi, la prière a à voir avec l'amour. L'amour est une loi en soi, et n'a pas besoin d'autres lois."

* * *

Et avec l'amour la grâce arrive. Et avec l'amour la vérité est trouvée. Rappelle-toi que si  tu peux comprendre la vérité, la vérité se libère. C'est la seule libération ; il n'y en a pas d'autre.

24-L'abus du pouvoir

Muldhara chakra

Regarde le chemin;suis-le.

croix verte

Si tu utilises le pouvoir il te faut un profond respect et un grand amour pour les autres et pour l'existence entière. N'interfère pas dans la vie de quelqu'un d'autre du haut de tes idées intellectuelles. Si tu as du pouvoir, ne manipule pas les autres, utilise-le créativement.

Vivekananda était disciple de Ramakrishna et vivait dans son ashram. Dans ce même ashram vivait Kalu, homme très simple et innocent que Vivekananda, qui était du genre intellectuel et toujours en train de palabrer, n'arrêtait pas de taquiner.

Comme aux Indes on a vite fait de transformer les pierres en dieux, Kalu en avait plus de 300 dans sa chambre qui était ainsi devenue un véritable temple. Vivekananda lui répétait toujours :

"Jette donc tous ces dieux dans le Gange ! Ce que tu fais est stupide puisque Dieu est à l'intérieur de toi !"

Mais Kalu répondait :

"J'aime ces pierres, elles sont belles. Le Gange me les a données, comment pourrais-je maintenant les jeter? Non, je ne peux pas faire ça !"

Le jour où Vivekananda atteignit son premier satori (extase mystique) avec la montée de la puissance une idée lui passa par la tête. Juste pour s'amuser il projeta une idée dans l'esprit de Kalu : "Kalu, maintenant tu vas prendre tous tes dieux et aller les balancer dans le Gange."

Assis dehors, Ramakrishna avait observé la scène ; il avait probablement vu la pensée projetée par Vivekananda mais il se contenta d'attendre. Et Kalu sortit, portant un énorme paquet car il avait mis tous ses dieux dans un grand sac.

Ramakrishna l'arrêta :

"Attends, où vas-tu ? " ;

"J'ai pensé que c'était stupide d'avoir tous ces dieux, alors je vais les jeter. "

"Attends ici... dit Ramakrishna."

Et il fit appeler Vivekananda.

"Est-ce que c'est ainsi qu'on utilise le pouvoir? reprocha-t-il en colère à son disciple, puis il se tourna vers Kalu :

"Toi, retourne dans ta chambre et remets tes dieux à leur place. Ce n'est pas toi qui as eu l'idée d'aller les jeter, c'est Vivekananda."

Kaki reconnut que la pensée lui avait paru étrange, comme si elle avait pris possession de lui en le frappant de l'extérieur.

Très en colère contre son disciple, Ramakrishna lui dit : "Maintenant tu n'auras plus de satori;j'en garde la clé et elle ne te sera rendue que trois jours avant ta mort."'

Et en effet, cela se passa ainsi : Vivekananda eut beau pleurer et pleurer, il ne put avoir d'autre satori -et ce ne fut pourtant pas faute d'essayer ! Lorsque Ramakrishna fut sur le point de mourir Vivekananda lui demanda :

"Rends-moi ma clé."

Mais Ramakrishna répondit :

"Non, tu sembles encore dangereux. Un tel pouvoir ne s'utilise pas de telle façon. Tu vas attendre, tu n'es pas encore assez pur. Continue à pleurer et à méditer."

Et exactement trois jours avant sa mort Vivekananda eut un autre satori. Il sut alors que sa fin était venue.

25-Le pragmatisme

Muldhara chakra

Ne te laisse pas enchanter ou piéger par ce qui te montre ta propre divinité intérieure.

croix verte

Ne te laisse pas enchanter ou piéger par ce qui te montre ta propre divinité intérieure. Reste plutôt sur la voie, sur le chemin qui mène à Dieu.

On m'a raconté l'histoire de deux hommes perdus dans une forêt par une nuit très profonde. C'était une forêt réellement dangereuse avec des animaux sauvages, des arbres très denses, et l'obscurité partout.

Le premier des deux hommes était un philosophe, un homme de doute;l'autre était un mystique, un homme de foi.

Tout à coup un orage éclata : il y eut un grondement de tonnerre et un puissant éclair. Durant le bref instant de l'éclair le philosophe regarda le ciel et lorsque l'obscurité revint il était encore perdu. Le mystique, lui, ne manqua pas l'occasion : au lieu de regarder l'éclair il regarda autour de lui et retrouva le chemin brusquement éclairé.

* * *

Toi aussi tu es perdu dans une forêt, et elle est encore plus dense que celle de l'histoire, et la nuit est encore plus sombre. Alors, si d'aventure un éclair vient illuminer ta vie, regarde le chemin !

Un Chuang Tseu est un éclair, un Bouddha est un éclair, un maître est un éclair, mais ne regarde pas l'éclair, regarde le chemin que sa lumière t'indique. Si tu ancres ton regard sur le maître le but est manqué car la lumière de l'éclair ne dure qu'un moment. Ce moment est rare, où l'éternité pénètre le temps, mais si tu regardes un Bouddha -et un Bouddha est beau, son visage fascine, ses yeux sont magnétiques- si donc tu regardes le Bouddha, alors tu rates le chemin.

Regarde le chemin;suis-le.

26-La comparaison

Muldhara chakra

Tu es parfait. Il ne te manque rien

croix verte

Un rappel pour te dire que tu es nécessaire. Personne n'est en haut, personne n'est en bas, personne n'est supérieur;personne n'est inférieur. Toutes les choses et tous les êtres font ensemble partie d'un grand Tout.

Un samouraï, très fier guerrier, alla un jour voir un maître Zen. Il était très célèbre mais en regardant le maître, en voyant la beauté du maître et la grâce du moment, il se sentit soudainement inférieur. Il demanda au maître :

"Comment se fait-il que je me sente inférieur? Avant d'arriver ici tout allait bien et en entrant dans votre cour je me suis brusquement senti inférieur. Jamais encore je ne m'étais senti comme cela. J'ai souvent fait face à la mort, mais jamais je n'ai senti la peur. Pourquoi donc à présent cette frayeur?"

Le maître répondit :

"Attends;quand tout le monde sera parti je te répondrai."

Les gens continuèrent toute la journée à venir voir le maître et le samouraï était de plus en plus fatigué d'attendre. Le soir venu, la pièce se vida et l'homme put enfin demander :

"Tu peux me répondre, maintenant?

"Viens dehors, dît le maître."

C'était une nuit de pleine lune;l'astre de la nuit émergeait juste de l'horizon. Le maître dît :

"Regarde ces arbres-là, le grand dressé dans le ciel et le petit à côté. Pendant des années je les ai vus de ma fenêtre et il n'y a jamais eu de problème entre eux. Le petit n'a jamais dit au grand : "Pourquoi est-ce que je me sens inférieur en face de toi? " ; Cet arbre est petit et cet arbre est grand, comment cela se fait-il que je ne les aie jamais entendus se plaindre à ce sujet?

"Parce qu'ils ne peuvent pas comparer ! répondit le samouraï."

"Alors tu n'as pas besoin de m'interroger, dit le maître. Tu connais la réponse."

* * *

Quand tu ne compares pas, toute infériorité, toute supériorité disparaissent. Et alors tu es;tu es simplement là. Petit arbuste ou arbre énorme, cela n'a pas d'importance : tu es toi-même. Le brin d'herbe est autant nécessaire que la plus grosse étoile, le chant du coucou est autant nécessaire que les paroles d'un Bouddha -le monde serait moins riche si le coucou disparaissait !

Regarde autour de toi et vois que tout est nécessaire, tout va ensemble. Le grand tout est une unité organique et personne n'est en haut et personne n'est en bas;personne n'est supérieur et personne n'est inférieur. Chacun est incomparablement unique. Tu es nécessaire. Si tu ne peux pas sentir cela en ma présence, où donc vas-tu aller pour le sentir?

Rappelle-toi en toutes circonstances que tu es parfait. Il ne te manque rien, tout est là, ici et maintenant. TOUT EST POUR LE MIEUX, voilà la véritable conscience religieuse.

27-Le jugement

Muldhara chakra

Juger, c'est rétrécir sa vision

croix verte

Juger, c'est rétrécir sa vision. Ce qui juge en nous c'est le mental, et le mental veut toujours juger car il a besoin d'être toujours rassuré, toujours sécurisé dans les différentes situations de la vie. Sois donc très courageux, ne cesse pas de grandir, vis le moment présent, reste tout simplement dans le courant de la vie.

Cette histoire date de l'époque de Lao-Tseu, en Chine, et Lao-Tseu l'aimait beaucoup.

Dans un village il y avait un homme très vieux et très pauvre, mais même les rois étaient jaloux de lui car il avait un beau cheval blanc. Les rois offraient des sommes fabuleuses pour lui mais l'homme disait :

"Ce cheval est beaucoup plus qu'un cheval pour moi, il est une personne, comment voulez-vous vendre une personne, comment voulez-vous vendre un ami?"

Et malgré sa pauvreté il ne vendit pas son cheval.

Un matin, le cheval n'était plus dans l'écurie. Tout le village se réunit et chacun dit :

"Vous n'êtes qu'un vieux fou, voilà ! On savait bien que le cheval aurait fini par être volé, il aurait mieux valu le vendre... Ah, quelle malchance ! ! !"

Le vieil homme dit :

"Vous allez trop loin, n'allez pas jusqu'à dire cela... Dites tout simplement que le cheval n'est plus dans l'écurie, voilà ce qui est exact;le reste n'est que jugement. Je ne sais pas pour l'instant si ce qui arrive est un malheur ou une chance car ce n'est qu'une partie de l'histoire, qui sait ce qui va suivre?"

Les gens se moquèrent du vieil homme ; ils avaient toujours su qu'il était un petit peu fou. Mais 15 jours plus tard le cheval réapparut tout à coup durant la nuit. Il n'avait pas été volé, il était juste allé faire un petit tour dans la nature et le voilà qui revenait, et en plus il ramenait une douzaine de chevaux sauvages.

De nouveau les gens se réunirent, disant :

"Vieil homme, tu avais raison ! Ce n'était pas un malheur mais, bien au contraire, une bénédiction !

"Voilà encore que vous allez trop loin ! répondit le vieil homme. Dites tout simplement que le cheval est de retour. Qui sait si c'est une bénédiction ou non? C'est seulement une partie de l'histoire. Vous lisez un simple mot dans une phrase, comment pouvez-vous juger le livre entier?"

Les gens n'en dirent pas plus mais en leur for intérieur ils savaient que le vieil homme avait tort : 12 beaux chevaux étaient là....

Le vieil homme n'avait qu'un fils, qui commença à dresser les chevaux sauvages. Une semaine plus tard il tomba, se brisant les deux jambes. A nouveau les gens se réunirent, à nouveau ils jugèrent :

"Voilà une autre preuve que tu avais raison ! Ces chevaux, c'était une infortune. Ton unique fils a perdu l'usage de ses jambes et il était ton seul soutien dans ta vieillesse. Te voilà maintenant plus pauvre que jamais... "

"Vous êtes obsédés par le jugement ! N'allez donc pas si loin, dites tout simplement que mon fils s'est cassé les jambes... Personne ne sait si c'est une malchance ou une bénédiction, la vie ne vient que par fragments et on ne vous en donne jamais plus."

Il arriva que quelques semaines plus tard le pays entra en guerre et tous les jeunes hommes de la ville furent enrôlés;seul le -fils du vieil homme y échappa puisqu'il était handicapé. La ville entière pleura et se lamenta car la guerre était perdue d'avance et on savait que la plupart des jeunes gens ne reviendraient pas. Les villageois allèrent voir le vieil homme :

"Tu avais raison, vieil homme ; c'était une bénédiction. Peut-être que ton fils est handicapé mais il est encore avec toi alors que les nôtres sont partis pour toujours ! "

"Vous continuez sans arrêt à juger. Personne ne sait ! Dites tout simplement que vos fils sont partis dans l'armée et que le mien n'a pas été forcé. Mais seul Dieu, le Grand Tout, sait si c'est une bénédiction ou une malchance."

* * *

Ne juge pas, sinon tu ne feras jamais UN avec le Tout. Tu es obsédé par des fragments, par des petites choses, et tu sautes tout de suite à la conclusion Quand tu juges tu cesses de grandir. Juger, c'est rétrécir sa vision, c'est figer les événements et les êtes dans un carcan statique et par là-même se priver de voir ces événements et ces êtres dans leur totalité. Mais le mental veut toujours juger parce qu'être dans un processus est toujours hasardeux et inconfortable..

En fait, le voyage ne finit jamais. Quand un chemin aboutit un autre commence;quand une porte se ferme une autre s'ouvre;à peine as-tu atteint un pic qu'un autre est déjà devant toi, plus haut. Dieu est un voyage sans fin. Seuls ceux qui ont le courage de ne pas se préoccuper du but, qui sont simplement satisfaits du voyage, contents de simplement vivre le moment présent et d'en grandir, seuls ceux-là marchent avec le grand Tout.

28-L'accepation de soi

Muldhara chakra

Tu ne peux être personne d'autre que qui tu es, alors, relaxe !

croix verte

Tu ne peux être personne d'autre que qui tu es, alors, relaxe ! L'existence a besoin de toi tel que tu es.

Il était une fois... un roi qui alla dans son jardin et y trouva les arbres, arbrisseaux et fleurs complètement flétris, en train de mourir.

Le chêne dit qu'il mourait parce qu'il n'arrivait pas à être aussi grand que le pin;se tournant vers le pin le roi le trouva fléchi, et le pin dit que c'était parce qu'il était incapable de donner du raisin comme la vigne ; et la vigne dit qu'elle mourait parce qu'elle ne pouvait pas fleurir comme la rose.

Dans un coin, un peu plus loin dans le jardin, le roi vit une fleur au cœur grand ouvert, toute épanouie et toute fraîche.

"Dis-moi, dit le roi, pourquoi toi seule es épanouie dans ce jardin de tristesse.

"C'est simple, répondit la fleur : j'ai admis que lorsque tu m'as plantée tu me voulais telle que je suis. Si tu avais voulu ici un chêne, une vigne, ou une rose, c'est cela que tu aurais planté. rai donc pensé que, comme je ne peux être lien d'autre que ce que je suis, j'allais faire de mon mieux pour l'être. "

* * *

Tu es sur terre parce que l'existence a besoin de toi tel que tu es, autrement quelqu'un d'autre serait à ta place. Tu joues un rôle fondamental, essentiel pour la vie.

Pourquoi devrais-tu être Bouddha? Si Dieu avait voulu un autre Bouddha il aurait pu en produire, autant qu'il voulait, or il en a produit un seul et c'est assez. Depuis il n'a plus produit aucun Bouddha, aucun Christ, il t'a créé, toi, à la place. Pense donc au respect que l'Univers a pour toi... Tu as été choisi, toi -et non Bouddha, non Christ, non Krishna.

Leur travail à eux est fait, ils ont apporté leur parfum à l'existence, maintenant tu es là pour apporter ton propre parfum. Regarde-toi, tu ne peux qu'être toi-même, il n'est pas possible que tu sois quelqu'un d'autre. Tu peux donc t'en réjouir et fleurir -ou tu peux flétrir comme les plantes du jardin triste si tu te condamnes dans ce que tu es.

29-La gratitude

Muldhara chakra

Quand ton cœur est plein de gratitude, toutes les portes qui t'apparaissaient fermées peuvent soudain s'ouvrir.

croix verte

Quand ton cœur est plein de gratitude, toutes les portes qui t'apparaissaient fermées peuvent soudain s'ouvrir.

Peu de femmes ont atteint le but ultime du Zen.

Rengetsu est une de ces rares femmes.

Alors qu'elle allait en pèlerinage elle arriva dans un village au coucher du soleil et demanda humblement un toit pour la nuit. Les villageois lui fermèrent leurs portes au nez. Ils étaient bouddhistes traditionnels et ne permettaient donc pas à une femme Zen de rester chez eux;Rengetsu fut ainsi chassée du village. La nuit était froide, et la vieille femme était sans toit et avait faim. Elle s'abrita sous un cerisier en plein champ. Il faisait vraiment froid et, en plus, il y avait des animaux sauvages qui rôdaient et tout ça...

A minuit elle se réveilla ; elle avait très froid, et voilà que dans ce ciel nocturne de printemps elle vit, souriant à la lune voilée, les fleurs pleinement épanouies du cerisier. Extatique devant tant de beauté, elle se leva, puis s'inclina vers le village dans une révérence.

"Grâce à la gentillesse de me refuser le gîte j'ai logé sous les fleurs dans la nuit à la lune voilée. "

* * *

Rengetsu a le cœur plein de gratitude pour les gens qui lui ont refusé un toit car, sinon, elle aurait dormi sous un toit tout ordinaire et elle n'aurait pas eu ce profond bonheur de voir les cerisiers en fleur, et le murmure de la lune voilée, et le silence de la nuit, ce profond silence de la nuit.

Elle ne s'est pas fâchée, elle a accepté le fait -elle l'a non seulement accepté, elle l'a accueilli. Et elle est emplie de gratitude.

En acceptant la situation difficile qu'elle avait à vivre, Rengetsu a ouvert la porte pour que son malheur se transmute en bénédiction. La vie est illimitée, à tout moment elle t'apporte des milliers de cadeaux mais tu es si préoccupé par ton petit nombril, tu es si plein de désirs avides, si envahi par tes pensées que tu refuses ces cadeaux;tu ne les vois même pas.

Dieu vient et tu continues à dire "non". Les plus grands cadeaux de la vie sont souvent enveloppés dans un emballage spécial, dont on dit que c'est "une tuile". Mais un homme s'éveille dans sa plus haute conscience à partir du moment où il accepte tout ce que lui apporte la vie, et où il accepte avec GRATITUDE.

30-Ce qui ne meurt jamais

Muldhara chakra

Porte ton attention à l'intérieur de toi-même sur ce qui ne meurt jamais.

croix verte

Porte ton attention à l'intérieur de toi-même sur ce qui ne meurt jamais. Tu es prêt maintenant à te séparer de ce qui est déjà mort ou loin. N'essaie pas de le ramener dans ton présent et ne prends pas contre toi le fait que c'est parti.

Les miracles de Bouddha sont totalement différents de ceux de Jésus.

Un jour, une femme vint à Bouddha. Son enfant venait de mourir et elle pleurait et se lamentait ; de plus, elle était veuve, elle n'aurait jamais plus d'enfants or son unique enfant était maintenant mort et il était tout son amour, toute sa vie...

Que fit Bouddha? Bouddha sourit et lui dit :

"Va en ville, trouve quelques graines de moutarde dans une maison où personne n'est mort et rapporte-les moi."

La femme se précipita en ville et alla dans chaque maison mais partout on lui disait :

"On peut te donner autant de graines de moutarde que tu veux mais la condition ne sera pas remplie, car tant de gens sont morts dans cette maison, la mort est si souvent passée ici !..."

Cependant la femme espérait encore : "Qui sait... Peut-être qu'une maison existe, quelque part, qui n'a pas connu la mort?" ; Et toute la journée elle parcourut la ville. Le soir venu elle s'arrêta et sentit naître en elle une grande compréhension : "La mort fait partie de la vie, elle arrive à son heure, ce n'est pas quelque chose contre moi, ce n'est pas une tragédie personnelle."

Et dans cette nouvelle compréhension elle alla voir Bouddha.

"Où sont les graines de moutarde?" ; demanda-t-il.

La femme se mit à rire, tomba à ses pieds, et dit :

"Initie-moi ! J'aimerais connaître ce qui ne meurt jamais. Je ne demande pas le retour de mon enfant car même s'il m'était redonné il mourrait à nouveau. Enseigne-moi comment trouver ce qui, à l'intérieur de moi, ne meurt jamais."

31-L'accepation de soi

Muldhara chakra

Accepte la vie comme elle est. Sois joyeux, sans aucune raison.

croix verte

Accepte la vie comme elle est. Sois joyeux, sans aucune raison.

Dans un village où vivait le grand maître Zen Hakuin, une jeune fille devint enceinte. Son père la malmena pour connaître le nom du père de l'enfant et à la fin, n'en pouvant plus et pour échapper aux représailles, elle dit que c'était Hakuin.

Le père n'ajouta rien mais lorsque le bébé fut né il le porta à Hakuin et le lui jeta aux pieds, disant : il paraît que c'est ton enfant !"

Et il proféra toutes sortes d'insultes, ricanant et se moquant de Hakuin déshonoré dans cette affaire

Le maître Zen dit simplement :

"Oh, c'est ainsi?"

Puis il prit le bébé dans ses bras et à partir de ce jour, partout où il allait il emmenait le bébé avec lui, enveloppé dans la manche en lambeaux de sa robe de mendiant. Par temps de pluie et sous l'orage il allait mendier du lait dans les maisons voisines. Nombre de ses disciples se détournèrent de lui et le quittèrent, considérant qu'il avait fauté. Et Hakuin ne disait rien.

Pendant ce temps, la mère qui ne pouvait plus supporter la douleur de la séparation confessa le nom du père de l'enfant. Dans une extrême confusion le père se précipita chez Hakuin, pour se prosterner et implorer les excuses du maître.

Hakuin dit simplement :

"Oh, c'est ainsi?"

Et il rendit l'enfant.

* * *

Voilà ce qu'est l'acceptation. On la nomme tathata. Quoique la vie t'apporte, c'est exactement ce qui te convient, ce qu'il te faut vivre ; car la vie est comme un miroir. Rien n'est bon, rien n'est mauvais, tout est divin. Accepte la vie comme elle est;si tu l'acceptes, les désirs névrotiques disparaissent, les tensions disparaissent, le mécontentement disparaît. Si tu acceptes la vie comme elle est tu vas commencer à te sentir très joyeux, sans aucune raison.

Quand la joie a une raison, elle ne dure pas longtemps, mais quand la joie est sans raison, elle reste là, pour toujours.

32-Au delà de la petite famille

Muldhara chakra

Tu fais partie du Tout, tu appartiens à l'existence.

croix verte

Tu fais partie du Tout, tu appartiens à l'existence. Ne te laisse pas prendre par l'attachement à une forme ou une autre, cela t'empêcherait d'entrer dans le Grand Tout. Il y a une histoire au sujet de Jésus qui semble étrange, et on ne comprend pas une telle dureté de la part de Jésus. La voici : Jésus parlait à la foule lorsque quelqu'un lui dit :

"Jésus, ta mère t'attend dehors;la foule est si dense qu'elle ne peut pas entrer mais elle voudrait te voir."

Et Jésus dit :

"Personne n'est ma mère."

Une autre fois, alors qu'il était enfant, il était allé avec son père et sa mère au grand temple des Juifs, pour la fête annuelle. Jésus se trouva séparé d'eux et ils le cherchèrent partout ; c'est seulement le soir, après une journée d'inquiétude et de recherches, qu'ils le trouvèrent. Il était assis avec des docteurs de la loi ; il était juste un enfant et il discutait de sujets métaphysiques avec eux. Son père approcha et lui dit :

"Jésus, qu'est-ce que tu fais ici? Nous nous sommes inquiétés pour toi toute la journée !"

Et Jésus dit :

"Ne vous inquiétez pas pour moi, je m'occupe des affaires de mon père."

Et Joseph dit :

"Mais je suis ton père ! Et de quelle sorte d'affaires parles-tu? Je suis charpentier..."

Alors Jésus dit :

"Mon père est aux cieux tu n'es pas mon père."

* * *

De même qu'un enfant doit quitter le ventre de la mère, de même il faut quitter mentalement son père et sa mère. Non seulement physiquement, donc, mais aussi mentalement ; et non seulement mentalement mais aussi spirituellement. Et quand l'enfant est spirituellement né, quand il a complètement rompu avec son passé, qu'il en est totalement détaché, alors seulement il devient un être à part entière, une réalité indépendante. Avant cela il était une partie de la mère ou du père ou de la famille mais il n'était jamais lui-même.

Si tu es tombé amoureux d'une famille tu dois aller au-delà de cet amour;sinon, cet amour même, cet attachement même, ne te permettront pas d'entrer dans le grand Tout.

33-La renaissance

Muldhara chakra

Renais à Chaque instant.

croix verte

Même dans une situation où tes propres sentiments sont complètement justifiés et où tu sens que tu as absolument, raison, reste ouvert à la possibilité qu'il puisse en être autrement. Vis chaque instant de ta vie comme si tu étais neuf, et ne traîne pas sur ton dos le lourd fardeau du passé..

La première chose que fit Bouddha après avoir été illuminé fut de revenir dans sa famille pour qu'ils voient ce qui lui était arrivé. Il est bien naturel qu'il se soit souvenu de ceux qu'il avait aimés avant.

Mais Yasodhara, sa femme, était très en colère -et cela aussi est naturel et humain. Une nuit cet homme était soudainement parti sans même lui dire qu'il partait, et la blessure fut profonde. Mais, chose surprenante, la blessure ne vint pas de ce que Gautama Siddhârta l'ait quittée, cela n'était pas vraiment le problème car elle avait aimé si fort cet homme que s'il avait voulu aller dans la forêt pour sa recherche elle le lui aurait permis. La blessure venait de ce qu'il ne lui avait rien dit, qu'il ne lui avait pas fait confiance ; c'était cela, la douleur. La nuance est importante;Yasodhara n'était pas une femme ordinaire, ce qui la heurtait était : "Pourquoi ne pouvait-il croire en moi?"

Et quand il revint elle était en colère, évidemment. Furieuse elle demanda :

"Pourquoi ne m'as-tu pas dit? Je ne t'en aurais pas empêché, tu me connais-tu me connais parfaitement;nous avons vécu longtemps ensemble ! Est-ce que je t'ai déjà empêché de faire quelque chose? Je t'ai aimé si profondément, si immensément. Je n'aurais pas été un obstacle à ta recherche ! Pourquoi ne m'as-tu rien dit?"

Elle posa la question encore et encore puis, dans sa colère, elle appela son fils. Quand Bouddha était parti l'enfant avait juste un mois, maintenant il avait 12 ans et il demandait sans arrêt : "Où est mon père?

Qui est mon père?"

Yasodhara appela donc le garçon et lui dit :

"Rahul, voici ton père. Il s'était enfui comme un poltron mais il t'a donné naissance alors, maintenant, demande-lui ton héritage !"

Elle ironisait car Bouddha était maintenant un mendiant. Quel héritage? Quels biens avait-il acquis?

Savez-vous ce que Bouddha fit?

Il initia l'enfant au sannyâs. Il lui donna son bol de mendiant et dit :

"Je suis venu pour cela, en fait. J'ai trouvé, et je voudrais que mon fils trouve aussi. Toi, Yasodhara, mets fin à cette colère car elle est sans objet maintenant;l'homme qui t'a blessée n'existe plus;je suis mort, et je suis né à nouveau. Je peux comprendre ta furie mais l'homme qui t'a quitté cette nuit-là n'existe plus. Regarde-moi à nouveau !"

Les yeux noyés de larmes elle le regarda, et elle le reconnut. Et toute sa colère s'évanouit. Elle tomba aux pieds de Bouddha et lui demanda de l'initier ; et elle devint sannyâsin.

34-La colère

Muldhara chakra

Quand tu ressens de la colère, ne la projette pas sur quelqu'un d'autre mais ne la réprime pas non plus.

croix verte

Quand tu ressens de la colère, ne la projette pas sur quelqu'un d'autre mais ne la réprime pas non plus. La colère est un beau phénomène, c'est la vie en toi qui s'exprime. Canalise-la donc, et elle deviendra source d'énergie créatrice.

Un disciple Zen vint un jour voir Bankei et lui dit :

"Maître, j'ai des colères incontrôlables. Comment est-ce que je peux m'en débarrasser?

"Très intéressant, dit le maître... Peux-tu me montrer cela? "Mais je ne suis pas en colère maintenant, je ne peux donc pas vous montrer ! répondit le disciple."

"Bon, dit Bankei. Alors va, et quand tu seras à nouveau en colère reviens me la montrer."

"Mais c'est impossible, je ne peux pas transporter ma colère ! Elle arrive toujours d'une façon inattendue et le temps d'arriver jusqu'à vous je l'aurais sûrement perdue."

"S'il en est ainsi, dit Bankei, c'est que cette colère ne fait pas partie de ta véritable nature sinon tu pourrais me la montrer à tout moment. Quand tu es né elle n'était pas en toi, elle te vient donc de l'extérieur. Ce que je te propose, la prochaine fois que tu seras en colère, c'est de te frapper à coups de bâton jusqu'à ce que la colère ne puisse plus supporter cela et s'enfuie."

* * *

La prochaine fois que tu sentiras la colère monter en toi, fais sept fois le tour de la maison en courant ; après ça, assieds-toi sous un arbre et regarde où la colère est partie. Tu ne l'auras pas réprimée, tu ne l'auras pas contrôlée, tu ne l'auras pas crachée sur quelqu'un d'autre...

La colère n'est qu'un vomissement du mental ; il n'y a aucune bonne raison de la vomir sur quelqu'un. Est-ce que tu vomis sur les gens? Non, n'est-ce pas, alors fais la même chose avec ta colère;évacue-la positivement, libère-toi d'elle. Fais un peu de jogging ou frappe un coussin jusqu'à ce que tes mains et tes mâchoires se relâchent. C'est ainsi que pourras apprécier la détente qui s'ensuit.

Si tu veux transformer ton être, accepte ce qui est en toi, laisse-toi t'exprimer en restant CONSCIENT, jusqu'à ce que l'énergie soit libérée.

La colère est un beau phénomène, elle est comparable à l'orage ; elle monte des profondeurs de l'inconscient. Si tu entres alors dans la conscience, ta colère fond. Essaie ! La prochaine fois que tu seras sous son emprise, que tu seras en ébullition et avec l'envie d'étrangler quelqu'un, prends conscience de ce qui se passe en toi et tu sentiras que quelque chose s'est modifié;tu as senti un petit déclic. Ton être intérieur est relâché. Cela peut prendre un peu de temps pour que l'extérieur relâche aussi mais l'être intérieur est déjà détendu. La coopération avec la colère a pris fin, tu ne t'identifies plus à elle. Ton corps va prendre quelque temps pour se calmer mais au fond de toi, au cœur de toi, tout est calme.

Quand tu es détendu tu peux jouir du monde et de la vie mais quand tu es sous pression tu n'es plus toi-même et tu te perds dans l'inconscience ; et comment, alors, pourrais-tu célébrer la vie et te réjouir d'elle?

Cela peut sembler paradoxal mais, en vérité, je vous le dis : seul un Bouddha, un être éveillé, peut jouir de la vie et se réjouir en ce monde.

35-La Maîtrise des humeurs

Muldhara chakra

Cela aussi passera.

croix verte

Que tu sois heureux ou malheureux, rappelle-toi cette petite phrase : "Cela aussi passera". C'est une clef pour devenir maître de ses humeurs plutôt que d'en être la victime.

Il était une fois un grand roi qui vivait entouré de sages et qui se sentait très frustré au milieu de ses richesses. De plus, le pays voisin -un pays bien plus puissant que lui- se préparait à l'attaquer. Le roi avait peur, peur de la mort, peur de la défaite, peur du désespoir, peur de la vieillesse. Aussi appela-t-il ses sages, et il leur dit :

"Je ne sais pas trop pourquoi mais je dois trouver une certaine bague, une bague qui pourrait me rendre joyeux quand je suis triste mais, également, triste si je la regarde quand je suis heureux."

En fait, ce roi cherchait la clé de deux portes : la porte pour être heureux et la porte pour être malheureux. Que deviendrait-il? Il demandait la maîtrise de ses humeurs. Il disait qu'il voulait devenir le maître de ses humeurs, qu'il ne voulait plus en être la victime.

Les sages se consultèrent mais ils ne purent trouver de réponse. Ils allèrent finalement voir un mystique soufi pour lui demander son avis. Celui-ci retira une bague de son doigt et la remit aux sages, disant :

"Il y a une condition. Donnez-la au roi mais dites-lui qu'il ne devra regarder sous la pierre que lorsque tout sera perdu, lorsque la confusion sera totale, l'agonie réelle et tout espoir vain. Sinon il ratera le message."

Le roi reçut la bague et, suivant la consigne de l'ermite, il ne regarda pas sous le chaton. Son pays perdit la guerre et lui-même s'enfuyait de son royaume afin de sauver sa vie. L'ennemi le suivait, il pouvait entendre les chevaux... puis son cheval mourut et il s'enfuit alors à toutes jambes... et il se retrouva dans un cul-de-sac ; au bord d'un précipice.

Au dernier moment il se souvint de la bague. Il l'ouvrit, regarda sous la pierre, et il y avait bien un message. Il disait :

"Cela aussi passera."

36-Les portes de l'enfer

Muldhara chakra

Rappelle-toi à chaque instant que tu as le choix entre être en enfer et être au paradis

croix verte

Rappelle-toi à chaque instant que tu as le choix entre être en enfer et être au paradis. Si tu es inconscient tu es en enfer. Cela dépend de toi.

37-Les portes du paradis

Muldhara chakra

Rappelle-toi à chaque instant que tu as le choix entre être en enfer et être au paradis.

croix verte

Rappelle-toi à chaque instant que tu as le choix entre être en enfer et être au paradis. Si tu es inconscient tu es en enfer. Cela dépend de toi.

Quand tu es conscient, tu es au paradis. Reste éveillé, reste attentif reste conscient ! Il ne dépend que de toi d'être en enfer ou au paradis.

Le maître Zen Hakuin est un des plus grands sages qu'ait connus cette tradition. Un guerrier vint le voir, un samouraï, un grand soldat, et il demanda :

"Est-ce qu'il y a un enfer? Est-ce qu'il y a un paradis? S'ils existent, où en sont les portes? Comment puis-je y entrer?"

Cet homme était un simple guerrier. Les guerriers sont toujours simples, pas mentalement tordus comme les intellectuels, pas calculateurs. Ils ne connaissent que deux choses : la vie et la mort. Celui-ci n'était pas venu pour apprendre une doctrine quelconque, il voulait juste savoir où sont les portes -de façon à éviter celle de l'enfer et à entrer au paradis.

Hakuin répondit d'une manière que seul un guerrier pouvait comprendre. Il demanda :

"Qui es-tu?"

Et le guerrier répondit :

"Je suis un samouraï."

Il faut savoir que, au Japon, être samouraï est un grand sujet de fierté. Cela signifie que l'on est un guerrier parfait, un homme qui n'hésitera pas une seconde à donner sa vie.

Et le guerrier ajouta :

"Je suis un samouraï. Je suis un chef samouraï;même l'empereur me témoigne du respect.

- Toi un samouraï ! répliqua Hakuin. Laisse-moi rire, on dirait un mendiant !"

Blessé dans son amour-propre et oubliant pourquoi il était venu voir Hakuin, le samouraï tira son sabre de son fourreau et s'apprêta à tuer Hakuin. Hakuin éclata alors de rire, disant :

"Et voilà ! Te voilà à la porte de l'enfer. Avec ton sabre, avec ta colère, avec ton ego tu ouvres les portes de l'enfer."

Le samouraï comprit sur-le-champ et rengaina son sabre.

Hakuin ajouta alors :

"Et voilà, ici s'ouvre la porte du paradis."

* *

L'enfer et le paradis sont en toi;les deux portes sont en toi. Quand tu agis inconsciemment tu ouvres la porte de l'enfer. Quand tu es attentif, conscient, tu ouvres la porte du paradis.

C'est le mental qui crée le paradis ; c'est aussi le mental qui crée l'enfer puisqu'il peut être l'un ou l'autre. Mais les gens continuent de penser que le paradis et l'enfer sont à l'extérieur d'eux-mêmes, à la fin de la vie, dans un autre monde...

L'enfer et le paradis sont ici et maintenant. A chaque instant tu peux pousser une porte ou l'autre, en un instant tu peux passer de l'un à l'autre, cela ne dépend que de toi.

38-La transformation

Muldhara chakra

Atisha - La vie est un processus ; tout change, tout se transforme continuellement.

croix verte

La vie est un processus;tout change, tout se transforme continuellement. Dans ce processus tu peux être passif ou actif passif tu subis ; actif, tu coopères avec l'énergie créatrice pour que la transformation s'opère positivement.

Atisha était un maître plein de compassion. Il enseignait l'exercice suivant à ses disciples et écoutez, écoutez bien car c'est une méthode des plus puissantes pour prendre conscience du pouvoir de transformations qui est en nous :

Quand tu inspires, pense que tu inspires toutes les misères du monde, toutes les souffrances de la terre, toute l'obscurité qui règne, toute la négativité. Inspire l'enfer de cette planète, et laisse le tout descendre dans ton cœur, et ton cœur l'absorber. Toute la misère du monde, toutes les souffrances des êtres -passées, présentes et futures-, inspire-les jusqu'à ton cœur.

Et quand tu expires, expire toute la joie qui est en toi, tout l'amour que tu as, toute la bénédiction que tu as. Expire le bonheur lors de ton expiration, projette ta richesse intérieure vers le monde.

C'est une méthode de compassion, absorbe toutes les souffrances et déverse des grâces.

Si tu fais cet exercice tu seras surpris de constater que, dès l'instant où tu prends en ton cœur les souffrances, elles ne sont plus souffrances. Le cœur transforme immédiatement l'énergie, le cœur est une machine à transmuter, le cœur a le pouvoir de transformer la misère en bénédictions. Quand tu as trouvé cette source en toi, il ne te reste qu'à répandre son nectar vers l'extérieur.

Essaie, c'est une des méthodes les plus pratiques, elle est simple et elle apporte des résultats immédiats. Fais-le dès aujourd'hui, et vois !

39-La créativité

Muldhara chakra

Arrête d'utiliser ta folie, ta négativité, ton instinct de destruction contre toi-même et les autres

croix verte

Arrête d'utiliser ta folie, ta négativité, ton instinct de destruction contre toi-même et les autres.

Détruire est facile, même un enfant peut le faire. Tourne-toi plutôt vers quelque chose de complètement inconnu à'intérieur de toi. Cela demande un très grand courage, une très grande force, mais laisse ta créativité s'exprimer.

Ceci est une histoire que l'on raconte au sujet de Bouddha :

A cette époque il y avait un homme complètement fou, un assassin atteint de démence qui avait fait le vœux de tuer 1.000 personnes -pas moins que ça- afin de se venger des mauvais traitements que la société lui avait infligés. Il coupait un doigt à chaque personne tuée pour faire un collier -un collier de 1.000 doigts. A cause de ce voeux on l'appela Anguimala, l'homme au collier de doigts.

Il tua 999 personnes. Et les gens apprenant qu'Anguimala était dans le coin se cachaient, tout s'arrêtait, personne ne bougeait, et alors il devint très difficile de trouver le dernier homme et pourtant il n'en manquait plus qu'un pour que le voeu soit accompli.

Bouddha approchait d'une forêt et des gens vinrent lui dire :

"N'y va pas. Anguimala est là, l'assassin fou. Il ne réfléchit pas, il tue tout simplement ; il ne pensera pas que tu es Bouddha. Ne va pas par-là, il y a une autre route..."

Mais Bouddha dit :

"Si je n'y vais pas, alors qui y ira? C'est un homme, il a besoin de moi ; je dois prendre le risque. Ou bien il me tuera, ou bien je le tuerai."

Et Bouddha y alla. Et même ses disciples qui avaient déclaré qu'ils le suivraient jusqu'à la mort commencèrent à traînasser en arrière. Cela devenait dangereux !

Et ainsi, lorsque Bouddha atteignit la colline où Anguimala était assis sur un rocher, il n'y avait plus personne derrière lui, il était seul. Tous les disciples avaient disparu..

Anguimala regarda cet homme innocent, semblable à un enfant et si beau que même lui, un meurtrier, ressentit de la compassion. Il se dit : "Cet homme ne doit certainement pas savoir que je suis ici, sinon il n'approcherait pas !" ; Et après une seconde de réflexion : "Ce n'est pas bien de tuer cet homme... Je vais l'épargner ; je trouverai bien quelqu'un d'autre."

Ii cria alors à Bouddha :

"Retourne d'où tu viens ! Arrête tout de suite d'avancer et retourne d'où tu viens ! Ne fais pas un pas de plus... Je suis Anguimala, j'ai là 999 doigts ; il m'en manque juste un -et j'irais jusqu'à tuer ma mère pour réaliser mon voeu ! N'approche donc pas, je suis dangereux. Je suis un incroyant;tu peux être un bon moine, peut-être même un saint homme, mais cela m'est égal. Pour moi ton doigt vaut n'importe quel doigt alors n'avance plus, pas un pas de plus, je vais te tuer !"

Mais Bouddha continua d'approcher. Anguimala pensa alors : "Ou bien cet homme est sourd, ou bien il est fou." ; Et il cria :

"Arrête ! Ne bouge pas !"

Bouddha lui dit :

"Cela fait longtemps que je n'avance plus, je ne bouge pas, Anguimala, c'est toi qui bouges. Moi je n'ai pas de but, et quand il n'y a pas de motivation, comment peut-il y avoir mouvement? C'est toi qui avances, et moi je te dis : "Stop, arrête !"'

Anguimala éclata de rire :

"Tu dois vraiment être fou ou alors je n'y comprends rien. Quel genre d'homme es-tu?"

Bouddha approcha davantage et dit :

"Tu as dit que tu avais besoin d'un doigt de plus. Mon corps a vécu ce qu'il avait à vivre, il ne m'est plus utile maintenant. Tu peux l'utiliser pour réaliser ton voeux, tiens, coupe mon doigt, et coupe-moi aussi la tête. Je suis venu pour cela, je sais que tu offres à mon corps sa dernière chance d'être utile à quelqu'un."

Anguimala dit :

"Je pensais être le seul fou ici ... Mais n'essaie pas de faire le malin, je peux encore te tuer !

"Avant de me tuer, fais quelque chose -c'est le souhait d'un mourant.Coupe une branche de cet arbre."

Anguimala frappa l'arbre de son sabre et une grosse branche tomba sur le sol. Bouddha dit alors :

"Encore juste une petite chose : remets la branche en placé sur l'arbre.

"Maintenant je vois bien que tu es fou. Je peux couper, mais je ne peux pas replacer !"

Alors Bouddha se mit à rire, et il dit :

"Quand on peut seulement détruire et qu'on ne peut pas créer... il vaut mieux ne pas détruire;même un enfant peut détruire, il n'y a aucun courage en cela. Cette branche peut être coupée par un enfant mais pour la remettre en place il faut un maître. Et si tu ne peux même pas replacer une branche sur un arbre, qu'est-ce qui se passe pour les têtes humaines? As-tu déjà pensé à cela?"

Anguimala ferma les yeux et dit : "Guide-moi sur cette voie."

Et il est dit qu'à cet instant précis il s'illumina.

* * *

Qui a l'énergie pour la folie l'a également pour l'illumination car c'est la même énergie, seule la direction change.

Si tu ne peux pas utiliser ton énergie d'une façon créatrice, elle devient destructrice.

40-La totalité

Muldhara chakra

Regarde à l'intérieur de toi et vois si tu es entier, total.

croix verte

Regarde à l'intérieur de toi et vois si tu es entier, total. Rappelle-toi la parabole suivante, elle t'enseigne que le mental est comme une paire de ciseaux : il coupe, il divise.

L'amour, lui, est comme une aiguille qui remet les choses ensemble, qui soigne ce qui est déchiré. Ouvre ton cœur à l'amour et l'amour te rendra entier.

Un jour, un roi vint rendre visite à Farid, grand mystique soufi. Il lui apportait un cadeau : une magnifique paire de ciseaux en or incrustés de diamants;une pièce de grande valeur, très rare;quelque chose d'unique. Il s'inclina devant Farid et lui remit le présent.

Farid prit les ciseaux, les regarda, les rendit au roi et dit :

"Monsieur, je vous suis extrêmement reconnaissant d'un tel cadeau. C'est une pièce de collection magnifique mais ces ciseaux me sont parfaitement inutiles. Il eût mieux valu m'apporter une aiguille, je n'ai pas besoin de ciseaux mais une aiguille conviendrait.

"Je ne comprends pas, dit le roi... si vous avez besoin d'une aiguille, il vous faut aussi des ciseaux ! "

"Je n'ai pas besoin de ciseaux;répondit Farid, les ciseaux coupent et divisent. Par contre, j'ai besoin d'une aiguille pour rapprocher, réunifier ce qui est divisé. J'enseigne l'amour, tout mon enseignement est basé sur l'amour ; j'œuvre à réunir, rassembler ce qui est déchiré. J'apprends aux gens à communier. J'ai donc besoin d'une aiguille pour rassembler les gens, or les ciseaux servent à couper, à séparer ; ils sont inutiles. La prochaine fois que vous me rendrez visite, apportez-moi plutôt une simple aiguille."

41-L'échec

Muldhara chakra

Quoique tu fasses, si tu le fais seul, séparé du grand Tout, cela deviendra un échec.

croix verte

Quoique tu fasses, si tu le fais seul, séparé du grand Tout, cela deviendra un échec. Le succès est en Dieu et dans la coopération avec Sa volonté.

Ecoute ce poème de Kabîr :

Je parle à l'Amant dans mon cœur et je dis : pourquoi donc une telle hâte?

Nous ressentons l'Esprit qui aime les oiseaux, les bêtes, et les fourmis-peut-être est-ce celui qui te rendit radieux dans le sein de ta mère?

Est-ce logique de tourner en rond désormais, tel un orphelin?

La vérité est que tu t'es détourné seul afin de marcher seul dans la nuit.

Te voilà maintenant perdu parmi les autres et tu as oublié ce, qu'un jour tu as su.

Et ainsi, dans tout ce que tu fais se retrouve l'étrange présence de l'échec.

Ce qui est dit dans ce poème, ne l'as-tu jamais observé à propos de toi-même? Tout ce que tu fais tourne à l'échec et tu n'en vois toujours pas la raison... Tu penses que tu n'as pas fait ce qu'il fallait alors tu formes d'autres projets et tu échoues à nouveau. Tu as beau te perfectionner dans la manière de faire, l'échec te colle à la peau.

"Le monde est ligué contre moi", "Je suis victime de la jalousie des gens"... voilà les explications que tu donnes à tes échecs mais elles ne peuvent satisfaire que ta bonne conscience et elles t'éloignent de la réelle cause de ta misère.

Kabir nous dit : "échec égale toi moins Dieu". Toi en tant que toi es la cause majeure de l'échec. Tu n'as pas respecté la volonté du Grand Tout, tu as agi en fonction des motivations étriquées et égoïstes de ton petit moi, coupé du monde, coupé du cosmos, coupé de "l'Esprit”;qui relie les choses et les êtres de cet univers.

La cause de l'échec est en nous, le succès est en Dieu et dans la coopération avec Sa volonté.

Apprends à sentir l'esprit cosmique, le tao, la loi qui anime l'existence entière, de laquelle tu es né et à laquelle tu retourneras un jour. C'est le premier pas pour sortir de l'échec.

42-L'anxiété

Muldhara chakra

Quand tu es séparé du grand Tout et que les buts que tu poursuis sont étroitement égoïstes.

croix verte

Quand tu es séparé du grand Tout et que les buts que tu poursuis sont étroitement égoïstes, une telle tension se crée en toi que ton champ de conscience se rétrécit et tu te fermes. Alors apparaît l'anxiété, l'inquiétude. Remets-en toi à la vie, abandonne-toi à ce qu'elle te donne, à vivre, permets à l'existence de te porter vers les buts qu'elle t'a fixés.

Il était une fois une vieille femme qui voyageait en autobus. Elle était terriblement inquiète et tremblait et elle n'arrêtait pas de demander au chauffeur à quel arrêt on était arrivé.

Le passager assis près d'elle lui dit :

"Détendez-vous, Madame ! Ne vous en faites pas comme ça, vous voyez bien que le chauffeur annonce chaque arrêt. Mais si vous êtes trop inquiète je vais l'appeler, vous lui direz à quel arrêt vous voulez descendre, il en prendra bonne note et comme ça vous pourrez vous détendre."

Le chauffeur fut appelé et la femme lui dit :

"Je vous en supplie, n'oubliez pas. Je ne veux pas rater mon arrêt, je suis très pressée. "

"Entendu, Madame, dit le chauffeur. J'annonce toujours les arrêts mais je prends note de votre demande, je viendrai particulièrement vous prévenir quand nous serons à votre arrêt. Ne vous inquiétez pas. Maintenant, dites-moi, à quel arrêt vous voulez descendre?"

Et la femme, moite d'anxiété, tremblante et toute crispée répondit : "Oh merci d'en prendre note. Je descends au terminus."

* * *

Lorsque tu es tendu, ta conscience devient de plus en plus étroite, tu te fermes et tu te retrouves dans l'obscurité de l'anxiété. Rappelle-toi que l'anxiété est fruit de l'ego ; c'est le lourd fardeau qu'il nous fait porter si nous ne prenons pas garde et si nous nous enfonçons dans nos tensions et nos inquiétudes.

Tu es comme la passagère de l'histoire, tu descends au terminus mais tout le temps du trajet tu te demandes si tu ne vas pas rater la station. Comment peut-on rater le terminus?

Alors, commence par te détendre, relaxe ! Sache que, quand tu le lui permets, l'existence te porte et te transporte vers les plus hauts sommets de la vie car tu fais partie d'elle. Que tu le veuilles ou non, elle t'emmène vers la destination qui est la tienne.

Au lieu de te confiner dans tes petites ambitions personnelles, apprends à comprendre ce que la vie attend de toi. Ce que la vie attend de toi, le but qui t'est fixé, découvre-le à chaque instant, dans chaque situation, en t'ouvrant au maximum et en acceptant ce qu'elle te donne. Abandonne-toi à l'existence.

Lâche une bonne fois pour toutes le mental, c'est un calculateur et un producteur de désirs fantasmagoriques qui ne sont rien d'autre que les projections de ton ego mesquin et borné.

Voici le secret de l'illumination : c'est en profonde relaxation, en profond abandon à la vie que tu découvres son sens, ses buts. Il n'y a alors plus qu'à coopérer avec elle, il n'y a plus de raison d'être inquiet et anxieux.

43-Le mental

Muldhara chakra

Es-tu prêt à reconnaître que tu es l'artisan, le véritable responsable de tes misères et de tes joies, de ton enfer et de ton paradis ?

croix verte

Es-tu prêt à reconnaître que tu es l'artisan, le véritable responsable de tes misères et de tes joies, de ton enfer et de ton paradis ?

Quand cette responsabilité est comprise et acceptée, les choses commencent à changer. Sois ouvert à cette nouvelle possibilité.

Voici une célèbre parabole indienne :

Il y avait une fois un homme qui, lors d'un voyage, entra accidentellement au paradis. Il faut dire que dans le concept indien de paradis l'arbre joue un grand rôle, et on y trouve des "arbres à désirs" ;sous lesquels il suffit de s'asseoir et d'exprimer un désir pour que celui-ci soit instantanément exaucé.

Fatigué, le voyageur s'endormit sous un de ces arbres. Lorsqu'il s'éveilla, sentant un creux à l'estomac il se dit : "J'ai drôlement faim, j'aimerais bien avoir quelque chose à manger..." ; Immédiatement, un plat contenant un mets délicieux apparut, flottant dans les airs juste devant lui.

Il avait tellement faim qu'il ne chercha pas à savoir d'où venait cette nourriture;quand on est affamé on ne fait pas de philosophie. Il se mit donc à manger sans plus attendre et c'était délicieux. Une fois sa faim était apaisée, il regarda autour de lui.

Il se sentait repu et une autre pensée lui traversa l'esprit : "Si je pouvais seulement avoir quelque chose à boire...". A cette époque-là il n'y avait pas encore d'interdits au paradis et une bouteille d'un vin des plus fins s'offrit devant lui.

Il la prit et la but tranquillement, à l'ombre de cet arbre protecteur, et tout en dégustant il entendait la douce brise du paradis lui chanter sa mélodie. Il commença alors à se poser des questions : "Que se passe-t-il? Qu'est-ce qui m'arrive? Est-ce que je rêve, ou bien y a-t-il autour de moi des fantômes qui me jouent des tours?"

Et des fantômes apparurent, d'horribles créatures puantes et féroces. L'homme trembla de tous ses membres et une pensée lui traversa l'esprit : "Maintenant c'est sûr, ils vont me tuer !"

Et il s'écroula, mort.

* * *

Cette ancienne parabole est pleine d'enseignements très profonds.

L'arbre à désirs est le mental. Tout ce que tu penses se réalise tôt ou tard. Il y a souvent un bon laps de temps entre ton vœu et sa réalisation si bien que tu as complètement oublié ce vœu;tu ne peux donc pas en reconnaître la source. Cependant, si tu regardes attentivement tu te rendras compte que tes pensées créent ce que tu vis ; elles créent ton enfer, elles créent ton paradis ; elles créent ta misère, elles créent ta joie ; elles créent le négatif elles créent le positif.

Sur cette planète nous sommes tous des magiciens. Chacun de nous tisse un monde magique autour de lui... et se retrouve pris dedans. L'araignée est prisonnière de sa toile.

Personne ne te torture, hormis toi-même. Une fois que tu as compris cela les choses commencent à changer ; il y a juste à comprendre que si tu es responsable d'avoir, par tes pensées, créé ton enfer, tu peux de la même manière créer ton paradis ! Ne crois pas, néanmoins, que quand tu auras réussi à créer ainsi ton paradis tu seras arrivé au bout du chemin car, alors, il y aura une autre-voie : au lieu de tisser toi-même tu laisseras le Créateur tisser à ta place.

Tu prendras conscience qu'il n'y a pas besoin de créer -et pas plus de créer un paradis que de créer un enfer- car il suffit tout bonnement de laisser Dieu agir et de coopérer avec lui. Mais, pour cela, il faut que ton mental s'éclipse, qu'il laisse place à cette vacuité intérieure que l'on nomme "méditation".

44-Le désir

Muldhara chakra

Il est temps pour toi d'arrêter de chercher en dehors de toi ce qui pourrait te rendre heureux.

croix verte

Il est temps pour toi d'arrêter de chercher en dehors de toi ce qui pourrait te rendre heureux. Regarde à l'intérieur de toi-même.

L'histoire suivante est une célèbre histoire de la tradition soufie : Un jour, un empereur sortait de son palais pour faire sa promenade matinale quand il rencontra un mendiant. Il lui demanda :

"Que veux-tu?"

Le mendiant rit et dit :

"Vous demandez cela comme si vous aviez le pouvoir de satisfaire mon désir ! "

"Mais bien sûr que je peux satisfaire ton désir ! répliqua l'empereur offensé. Quel est-il? Tu as juste à le dire ! "

"Réfléchissez deux fois avant de promettre quoi que ce soit", dit le mendiant. "

En fait, ce mendiant n'était pas un être ordinaire. Dans sa vie précédente il avait été le maître de l'empereur et, avant sa mort, il lui avait promis de le retrouver dans la vie suivante afin de l'éveiller. Il avait dit :

"Tu as raté le but dans cette vie-ci mais je reviendrai pour la prochaine.".

Mais le roi avait oublié cet événement de sa vie passée car qui se souvient de ses vies passées? Il insista donc :

"Je vais réaliser n'importe lequel de tes désirs. Je suis un empereur très puissant. Que pourrais-tu désirer que je ne pourrais te donner?"

"Mon désir est très simple, dit le mendiant. Vous voyez ce bol à mendier? Pouvez-vous le remplir? "

"Bien sûr, dit le roi qui fit appeler son vizir et lui dit : "Remplis le bol de ce mendiant avec de l'argent."



Le vizir alla chercher de l'argent et se mit à verser les pièces dans le bol... et l'argent disparut. Il en versa encore et encore, et au moment où il le versait l'argent disparaissait. Et le bol restait toujours vide. Tout le palais s'assembla pour voir, la nouvelle se répandit dans toute la ville et une foule dense s'agglutina. Le prestige de l'empereur s'amenuisait ; aussi dit-il à ses vizirs :

"Si je dois y perdre mon royaume, je le perdrai, mais il n'est pas question que ce mendiant soit plus fort que moi !"

Les diamants, les perles, les émeraudes... ses trésors y passèrent et ce bol à mendier semblait sans fond. Tout ce qu'on y mettait, absolument tout, disparaissait aussitôt. La nuit finit par tomber et la foule était toujours là, dans le plus profond silence. Le roi tomba à genoux aux pieds du mendiant et admit sa défaite. Il dit :

"Dis-moi une seule chose. Tu as gagné mais, avant de t'en aller, satisfais ma curiosité. De quoi ce bol est-il fait?"

Le mendiant répondit en riant :

"Il est fait du mental humain. Il n'y a pas de secret.. il est tout simplement fait du désir humain."

* * *

Cette parabole peut transformer ta vie si tu la comprends. Observe tes désirs, vois le mécanisme : dans un premier temps quelque chose ou quelqu'un t'excite et donc ton intérêt s'éveille, un frisson te traverse, une envie grandissante naît... L'aventure commence, quelque chose va se passer : tu vas posséder quelque chose ou quelqu'un de plus et tu auras tout fait pour l'avoir.

Et un beau jour tu l'as : la belle voiture, la maison si confortable, le yacht de tes rêves, la femme de tes nuits... Et au moment où tu l'as, la chose ou la personne devient insignifiante : elle ne te donne plus d'émotion, plus rien, te voilà déjà dans un autre désir puisque celui-ci est satisfait.

Que s'est-il passé? Eh bien ton mental ne peut plus fantasmer, il n'y a plus d'excitation puisque la voiture est devant la porte ou la belle femme dans ton lit et la magie des moments ou tu la désirais a disparu. L'excitation était liée au moment du désir, au moment où toute ton énergie était orientée vers l'objet du désir ; cette excitation n'était là que pour masquer ton vide intérieur, ton manque.

Une fois le désir satisfait le manque réapparaît et le processus s'enclenche à nouveau ; il te faut fantasmer sur autre chose pour oublier la douleur du vide en toi, et c'est ainsi que l'on passe de désir en désir dans une course folle qui ne s'arrête jamais. C'est ainsi que, toute sa vie, on peut rester un mendiant courant après quelque chose ou quelqu'un qui ne nous comblera jamais et c'est une fuite en avant qui ne prend fin qu'à la mort.

Ta vie se transforme le jour où tu comprends que le désir -en tant que tel- ne pourra jamais te combler, que la frustration est toujours liée à la réalisation d'un désir. Alors tu commences à te tourner vers l'intérieur de toi-même, tu rentres chez toi, tu atteins l'unique source de plénitude ; elle est au fond de toi et attendait que tu la regardes pour jaillir.

45-L'ajournement

Muldhara chakra

Ne retarde pas !

croix verte

Vois comme il est illusoire de planifier la plénitude pour ton avenir;réalise qu'ici et maintenant tu as tout ce qu'il faut, rien d'autre n'est nécessaire. Ne retarde pas !

Alors qu'Alexandre le Grand se rendait aux Indes il rencontra Diogène, le mystique grec.

C'était un matin d'hiver;un petit vent frais soufflait et Diogène prenait le soleil, allongé nu au bord de la rivière. il était très bel homme, de cette beauté un peu irréelle qui émane des êtres dont l'âme est belle.

Alexandre n'en revenait pas de tant de grâce. Il était bouche bée.. Lui qui n'avait jamais dit "Monsieur" ;à quelqu'un il dit :

"Monsieur, vous m'impressionnez beaucoup et je voudrais faire quelque chose pour vous. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire? "

"Fais juste un pas de côté, répondit Diogène, car tu me caches le soleil ; c'est tout. Je n'ai besoin de rien d'autre. "

"Si Dieu me donnait la chance de revenir sur terre je lui demanderais de revenir en Diogène et pas en Alexandre."

Diogène rit et dit :

"Qui t'en empêche maintenant? Où vas-tu? Cela fait des mois que je vois des armées aller et venir... Où vas-tu donc et dans quel but? "

"Je suis en route pour les Indes, "dit Alexandre;" ;je veux conquérir le monde entier. "

"Et ensuite? demanda Diogène. "

"Ensuite, je me reposerai." ; Diogène éclata de rire :

"Tu es fou ! Moi c'est maintenant que je me repose. Je n'ai pas conquis le monde et je n'en vois pas la nécessité. Pourquoi attendre la fin de ta vie pour te reposer alors que tu peux le faire tout de suite? Qui t'a dit qu'il fallait conquérir le monde avant de pouvoir te reposer? Et je vais te dire une chose : si tu ne te reposes pas maintenant tu ne te reposeras jamais. Jamais tu ne pourras conquérir le monde... tu mourras en cours de route. Tout le monde meurt en cours de route."

Alexandre dit qu'il se souviendrait de ces paroles et il remercia chaleureusement Diogène mais maintenant il ne pouvait pas s'arrêter. Et il mourut en cours de route. Il ne revit jamais sa maison, il mourut avant.

On raconte que Diogène mourut le même jour qu'Alexandre et que tous deux se rencontrèrent sur le chemin qui mène vers Dieu, en traversant le fleuve. Alexandre marchait quand il entendit quelqu'un derrière lui. Il se retourna et vit Diogène, le même bel homme. Il fut à la fois surpris et honteux. S'efforçant de cacher sa honte il lança :

"Ainsi, nous nous rencontrons à nouveau, l'empereur et le mendiant ! "

"C'est vrai, dit Diogène, mais tu te méprends;tu ne sais pas qui est le mendiant et qui est l'empereur. Moi j'ai totalement vécu ma vie, j'y ai pris plaisir et je peux maintenant regarder Dieu en face. Toi tu ne pourras pas lui faire face, tu n'es même pas capable de me regarder dans les yeux. Ta vie entière a été un gâchis."

46-La quête

Muldhara chakra

Attention.. danger ! A tout moment tu peux tomber sur l'amour, le rire, la joie.

croix verte

Attention... danger ! A tout moment tu peux tomber sur l'amour, le rire, la joie. A tout moment tu risques de rencontrer, par hasard, Dieu sur ta route.

Je vais vous raconter une belle histoire qui est de Rabindranath Tagore :

"Durant des milliers de vies j'ai cherché Dieu. Il m'est arrivé de Le voir, loin devant moi, alors je me précipitais, mais à chaque fois que j'arrivais à l'endroit Il était déjà parti. A chaque fois je me remettais en route, et chaque fois Il disparaissait à nouveau. J'ai fini par arriver à une porte, et sur cette porte il y avait une pancarte où on pouvait lire : "Ceci est la maison de Dieu".

"Pour la première fois de ma vie j'étais inquiet et complètement troublé. En tremblant comme une feuille j'ai monté les marches et tout ç coup, au moment même où j'allais frapper à la porte, j'ai alors eu la révélation suivante : "

"Si je frappe à la porte et que Dieu m'ouvre, alors, que se passera-t-il ? Alors, tout sera alors fini pour moi : plus de voyages, plus de pèlerinages, plus de grandes aventures... Et ma philosophie, et ma poésie, et tous les désirs de mon cœur... Tout cela sera fini. Ce sera un suicide ! "

"Après avoir réalisé cela, " ; continue-t-il à raconter, "j'ai enlevé mes chaussures pour ne pas faire de bruit en descendant l'escalier... Une fois en bas des marches j'ai détalé à toutes jambes, en me gardant bien de jeter un œil derrière moi... Depuis, je cours toujours. Cela fait des milliers de vies que je cours. "

Je suis encore en quête de Dieu, bien que je sache maintenant où il habite, et la seule chose que je dois faire c'est éviter cet endroit, comme cela je peux continuer à Le chercher partout ailleurs.

Mais je dois éviter cette maison. Cette maison me hante;je m'en souviens parfaitement et si, par accident, j'entrais dans cette maison , alors c'en serait fini !

47-L'espoir

Muldhara chakra

Ne te laisse pas prendre au piège de l'espoir.

croix verte

Ne te laisse pas prendre au piège de l'espoir. Ne te laisse pas piéger par l'idée que l'aide te viendra de l'extérieur, des autres. Les autres ne sont pas là pour te remplit;la plénitude est à l'intérieur de toi, c'est en toi qu'il faut la chercher

J'ai entendu parler d'un chasseur qui s'était perdu dans la jungle. Il erra pendant trois jours, sans rencontrer quelqu'un à qui demander son chemin, et la panique le gagnait de plus en plus -trois jours sans manger et dans la crainte constante des animaux sauvages. Il passa trois nuits sans dormir, assis bien éveillé sur un arbre ou un autre, dans la frayeur d'être attaqué car il y avait par là des serpents, des lions, et d'autres fauves qui rôdaient.

Au petit matin du quatrième jour il vit un homme assis sous un arbre. Imaginez sa joie ! Il se précipita et prit l'homme dans ses bras, disant :

"Quelle joie !"

L'autre homme le prit aussi dans ses bras, et tous les deux étaient extrêmement heureux.

Au bout d'un moment ils se regardèrent et se demandèrent :

"Mais pourquoi es-tu si content?

"Je me suis perdu, répondit le premier, et j'espérais rencontrer quelqu'un ! "

"Moi aussi je me suis perdu, dit le second. Moi aussi j'espérais rencontrer quelqu'un... Mais alors, si nous nous sommes tous les deux perdus, notre joie était inutile... Nous voilà maintenant perdus ensemble ! "

48-Le défi

Muldhara chakra

Dans la vie, l'épreuve est nécessaire.

croix verte

Dans la vie, l'épreuve est nécessaire. On s'enrichit autant à traverser les orages, les tempêtes, la tristesse, qu'à travers la joie et le bonheur

On m'a raconté une ancienne parabole -elle doit être vraiment très ancienne car, à cette époque-là, Dieu vivait sur la terre...

Un jour, un homme, un vieux fermier, vint voir Dieu et lui dit :

"Ecoute, tu as beau être Dieu et tu as beau avoir créé le monde, mais il y a une chose que je dois te dire, c'est que tu n'es pas un fermier. Tu ne connais même pas le b-a-ba-ba du métier. Tu as des choses à apprendre.

"Que me conseilles-tu? demanda Dieu.

"Donne-moi un an, répondit le fermier. Laisse-moi faire les choses à ma façon et tu vas voir ce qui va se passer. C'en sera fini de la pauvreté !"

Dieu accepta, et le fermier eut le champ libre pendant un an. Naturellement, le fermier créa ce qu'il pensait être les meilleures conditions pour garantir une bonne récolte : pas d'orages, pas de vents trop forts, aucun des dangers qui compromettent habituellement les moissons, rien que du soleil en quantité exactement suffisante et quand il fallait, pluie juste ce qu'il fallait et quand il fallait. Bref il fit les choses au mieux, tout allait parfaitement bien, et à mesure que l'année s'écoulait il était rempli de joie en voyant pousser le plus beau blé qu'il ait jamais vu.

L'homme s'en fut voir Dieu :

"Tu vois, la moisson va être si fantastique qu'on aura assez de nourriture pendant dix ans, même sans travailler !"

Mais une fois la moisson faite, on se rendit compte qu'il n'y avait pas de grains dans les épis. Surpris, le fermier demanda à Dieu :

"Qu'est-ce qui s'est passé? Qu'est-ce qui n'a pas bien marché?" ; Et Dieu répondit :

"Le blé n'a été soumis à aucune épreuve, il n'a fait face à aucun conflit puisque tu lui as évité tout ce qui était mauvais ; il est donc resté fluet. Lutter un peu est nécessaire, il faut des orages, il faut des coups de tonnerre, il faut des éclairs. Tout cela remue l'âme dans le blé."

* * *

Cette parabole est très riche d'enseignements. Si tu es toujours heureux et rien qu'heureux le bonheur perdra tout son sens, toute sa saveur. Ce sera comme si tu écrivais à la craie blanche sur un tableau blanc : tu peux écrire tant que tu veux mais personne ne pourra lire.

La nuit est aussi nécessaire que le jour. Les jours de tristesse sont aussi nécessaires que les jours de joie. C'est cela, la compréhension. Et alors, petit à petit, à mesure que tu sentiras le rythme de la vie, le rythme de la dualité, le rythme de la polarité, ce qui alterne du bien au mal, de l'obscur au lumineux, de la destruction à la création, tu cesseras de demander, tu cesseras de choisir, tu accepteras ce que la vie te donne. Et tu auras trouvé le secret ! Tu auras trouvé le grand secret de la sagesse.

Vis avec ce secret, utilise-le dans ta vie et tu seras surpris de voir combien est grande la bénédiction, combien la vie te donne, à tout moment, bien plus que tu ne peux en attendre. Jusqu'à maintenant tu as vécu en fonction de tes attentes et petits désirs triviaux ; et chaque fois que la vie ne te donnait pas ce que tu en attendais tu te sentais misérable. Si tu suis CE QUI EST, si tu l'acceptes, si tu coopères avec ce que la vie te donne -y compris les épreuves-, aucune ombre ne restera derrière toi et même la tristesse deviendra lumineuse. Ce n'est pas que la tristesse ne viendra plus, non, elle viendra encore mais elle ne sera plus ton ennemie;tu l'apprivoiseras et tu en feras une amie pleine de sagesse, une amie qui te montrera la richesse qu'elle t'apporte et pourquoi le moment de sa visite était le bon moment. Et alors tu sentiras la grâce de sa venue, tu verras pourquoi elle est là. Et sans elle tu serais moins riche.

49-L'amour

Muldhara chakra

Rappelle-toi que l'amour n'est pas fait pour être épargné ou pesé.

croix verte

Rappelle-toi que l'amour n'est pas fait pour être épargné ou pesé. N'en sois pas avare, tu perdrais tout. Laisse plutôt l'amour qui est en toi grandir, fleurir ; et partage-le, distribue-le autour de toi, cela le fera grandir encore plus.

Un grand roi qui avait trois fils ne savait lequel choisir pour héritier. C'était un cas très difficile car tous les trois étaient très intelligents et très courageux. En plus, ils étaient des triplés, et donc du même âge, si bien qu'il n'y avait rien pour décider. Il alla alors voir un sage, et le sage lui donna une idée.

Le roi revint au palais et convoqua ses fils. Il donna à chacun un sac rempli de graines de fleurs et leur dit qu'il partait en pèlerinage.

"Je pars pour quelques années -une, deux, trois,. Peut-être plus. C'est en quelque sorte un test pour vous, vous devrez me rendre les graines à mon retour et celui qui en aura pris le plus grand soin sera mon héritier."

Et il partit en pèlerinage.

"Qu'est-ce que je pourrais bien faire de ces graines?" ;pensa le fils aîné. Et il les enferma dans un coffret de fer, afin de les rendre bien conservées à son père lorsqu'il reviendrait.

Le second fils se dit : "Si je mets ces graines dans un coffret fermé comme mon frère l'a fait, elles vont mourir, et une graine morte n'a rien d'une graine..." ; Il se rendit donc au marché afin d'y vendre le sac de graines de son père. "Je vais garder l'argent, pensa-t-il, et quand mon père reviendra j'irai au marché acheter un sac de graines toutes fraîches ; elles seront en meilleur état que les premières."

Le troisième fils alla au jardin et y sema ses graines partout.

Trois ans plus tard le roi était de retour. Le premier fils ouvrit son coffret, toutes les graines avaient pourri et sentaient mauvais. Le père dit :

"Comment ! Voilà tout ce que tu as pu faire des graines que je t'avais données? Elles pouvaient devenir des fleurs et exhaler leur parfum alors que tes graines puent ! Ce ne sont pas mes graines !"

Le fils insista, disant que c'étaient bien les mêmes graines, et le père le traita de matérialiste.

Le second fils courut au marché, acheta des graines et les présenta à son père mais le roi dit :

"Mais ce ne sont pas les graines que je t'ai données. Ton idée était meilleure que celle de ton frère mais tu n'es pas encore aussi doué que j'aimerais que tu le sois. Tu es psychologue."

Le roi se dirigea alors vers le troisième, le cœur battant à la fois d'espoir et de peur : "Qu'a-t-il fait?"

Le troisième fils le conduisit dans le jardin et lui montra les millions de fleurs épanouies, des millions de fleurs, vraiment, il y en avait partout. Et il dit :

"Ce sont les gaines que tu m'as données. Quand tu seras prêt j'en ramasserai les graines et je te les rendrai.

"Tu seras mon héritier, dit le père. Tu as fait bon usage des graines."

* * *

Qui retient tout à l'intérieur d'un coffre fermé ne comprend rien à la vie. Qui calcule avec sa tête manque également le but. Seuls ceux qui sont créatifs peuvent comprendre et vivre pleinement la vie. La beauté des fleurs réside en ce qu'on ne peut pas les enfermer. Les fleurs représentent Dieu, et on ne peut pas enfermer Dieu. Elles représentent l'amour, et on ne peut pas enfermer l'amour.

Ce n'est pas un hasard si la fleur est restée un symbole de l'amour à toutes les époques, dans tous les pays et pour toutes les différentes sociétés. L'amour est comme une fleur;quand il commence â fleurir en toi il faut le partager, le distribuer. Plus tu le donnes et plus il grandit. Si tu continues à le donner, sans jamais t'arrêter, tu finiras par devenir une intarissable source d'amour. Tu auras atteint en toi la source intarissable qui gît au plus profond de ton cœur.

50-La compassion

Muldhara chakra

Avoir de la compassion

croix verte

Avoir de la compassion ce n'est pas forcément avoir un cœur sanguinolent plein de sympathie et de douceur pour les autres. Quelquefois, dans l'amour, la compassion atteint une telle profondeur que l'on pourra aussi utiliser le fouet pour amener quelqu'un à la conscience.

Rappelez-vous ce moment fort de la vie de Jésus : un jour il prit un fouet et entra dans le grand temple de Jérusalem. Un fouet dans la main de Jésus? Cela peut paraître incongru à ceux qui pensent que l'amour ne s'exprime que par la gentillesse ou la douceur mais le fouet dans la main de Jésus est l'illustration des paroles de Bouddha : "La main sans blessure peut manipuler du poison". Oui, Jésus peut tenir un fouet ; il n'y a là aucun problème car il a le cœur pur, le fouet ne prend pas l'ascendant sur lui. Jésus reste maître du fouet, il reste conscient.

A cette époque-là le grand temple de Jérusalem était devenu un lieu de voleurs et ce vol se faisait de façon très subtile. Les usuriers étaient installés dans le temple et ils exploitaient toute la contrée.

Jésus entra, seul dans le temple et renversa les tables des usuriers, il éparpilla l'argent et fit un tel branlebas que les usuriers s'enfuirent hors du temple. Ils étaient nombreux et Jésus était seul mais il était dans une telle furie, il brûlait d'un tel feu !

Les chrétiens ont toujours eu du mal avec cet épisode. Comment l'expliquer, en effet, alors qu'ils font tout leur possible pour prouver que  Jésus était une colombe, un symbole de paix? Comment a-t-il pu prendre un fouet? Comment a-t-il pu se mettre dans une telle colère, dans une rage telle qu'il renversa les tables des usuriers et les chassa hors du temple? Il déployait l'énergie d'un ouragan et personne ne pouvait lui faire face;prêtres, commerçants, usuriers, tous s'échappaient en criant :   "Cet homme est devenu fou !"

Les chrétiens évitent cet épisode. Il n'y a pourtant pas de raison de l'éviter si on comprend les paroles de Bouddha :

"La main sans blessure peut manipuler du poison. "

"L'innocent n'est jamais dangereux. "

Jésus est absolument innocent. Il n'est pas violent, il n'est pas destructeur, il agit à partir de son cœur, par compassion et amour. Le fouet dans sa main est le fouet de l'amour ; chaque coup apporte la conscience.

51-Le courage

Muldhara chakra

Une fois que tu as fait le premier pas sur le chemin menant à Dieu, tu ne peux pas revenir en arrière

croix verte

Cette carte est pour te rappeler que, une fois que tu as fait le premier pas sur le chemin menant à Dieu, tu ne peux pas revenir en arrière. Et cela demande un grand courage.

Jésus arriva un jour sur les rives d'un lac alors que le jour se levait. Le soleil apparaissait au-dessus de la ligne d'horizon et un pêcheur venait de jeter son filet dans les eaux calmes. Jésus s'approcha et posa sa main sur l'épaule du pêcheur qui se retourna et le regarda. Pendant un long moment aucun mot ne fut prononcé, Jésus regardait l'homme dans les yeux et l'homme se sentait fondre d'amour, quelque chose de mystérieux se passait en lui. Puis Jésus dit :

"Pendant combien de temps encore vas-tu gâcher ta vie à attraper des poissons? Viens avec moi, je te montrerai comment attraper Dieu."

Le pêcheur était certainement un homme courageux car il laissa aussitôt son filet et suivît Jésus sans poser de questions.

Alors qu'ils sortaient de la ville un homme arriva en courant et il dit au pêcheur :

"Où vas-tu? Es-tu devenu fou? Rentre chez toi, ton père malade vient de mourir et nous avons besoin de toi pour les derniers rites." ;Le pêcheur parla pour la première fois à Jésus :

"M'autorises-tu à revenir chez moi pour trois jours, le temps d'assumer les responsabilités d'un fils envers son père? "

"Ne t'inquiète pas, répondit Jésus, il y a tant de morts dans cette ville, ils prendront soin de cela. Laisse les morts enterrer les morts et suis-moi. Si tu viens avec moi, sache que tu ne pourras plus revenir en arrière." ;

Et l'homme suivit Jésus.

52-La repentance

Muldhara chakra

Sois conscient que, même lorsque tu as commis une faute, cela peut être une occasion.

croix verte

Sois conscient que, même lorsque tu as commis une faute, cela peut être une occasion. Quand tu réalises que tu es allé à l'encontre de ta propre vérité et que tu as fait fi de tes sentiments les plus profonds, permets aux larmes de s'épancher du fond de ton cœur, cela peut être le premier pas d'une transformation radicale.

Al-Hallâj Mansûr est un homme sans pareil de la tradition soufie. Son sort fut identique à celui de nombreux sages et saints puisqu'il fut victime de l'intolérance religieuse et, crucifié comme Jésus, il fut également mutilé par ses coreligionnaires. Voici précisément ce qui lui arriva :

D'abord il fut mis en croix, puis on lui coupa les jambes, il était encore vivant, on lui coupa les mains, puis la langue, on lui arracha les yeux -il était toujours vivant- et on finit par lui trancher la tête.

Quel crime avait commis Mansûr? Son seul crime avait été de proclamer "Ena el 'hak", ce qui veut dire : "Je suis la vérité, je suis Dieu."

En Inde il aurait été sanctifié et honoré pendant des siècles pour de telles paroles mais les musulmans ne purent les tolérer.

Cent mille personnes s'étaient rassemblées auprès du lieu de supplice de Mansûr, pour lui jeter des pierres et le tourner en ridicule. Mansûr riait. Lorsqu'on lui coupa les pieds il prit son sang dans ses mains. Quelqu'un lui. demanda ce qu'il faisait et il répondit :

"Comment pouvez-vous vous laver les mains avec de l'eau? On commet les crimes avec le sang, on commet des péchés avec le sang, seul le sang peut purifier. Je purifie mes mains. Je me prépare pour la prière."

Et quand on s'apprêta à lui couper les mains il s'écria :

"Attendez un peu, laissez-moi prier maintenant car ce sera un peu plus difficile sans mains."

Il regarda alors vers le ciel et dit à Dieu :

"Tu ne peux pas me leurrer ! Je peux te reconnaître dans chacune des personnes réunies ici. Tu viens sous la forme d'un tortionnaire, d'un ennemi? Quelle que soit la forme que tu prends lorsque tu viens vers moi, je te reconnais. Tu ne peux pas me tromper depuis je t'ai reconnu à l'intérieur de moi."

Les gens jetaient des pierres et de la boue sur Mansûr pour le ridiculiser mais Mansûr continuait à rire et à sourire. Mais soudain il se mit à pleurer : Chiblî, son disciple, son ami, venait de lui jeter une rose.

Interloquée, la foule lui demanda pourquoi il pleurait maintenant et Mansûr dit :

"Les gens qui jettent des pierres ne savent pas ce qu'ils font, mais Chiblî, lui, le sait ; il doit le savoir. Il lui sera difficile d'obtenir le pardon de Dieu."

Quand on demanda ensuite à Chiblî pourquoi il avait lancé la rose, il répondit :

"J'avais très peur de la foule. J'avais peur d'être pris à parti si je ne jetais pas quelque chose sur Mansûr. Je ne pouvais pas lui jeter de pierres puisque je savais bien qu'il était innocent mais je n'ai pas pu trouver le courage de ne rien lancer. La fleur était seulement un compromis, et Mansûr a pleuré sur ma peur, sur ma lâcheté."

Néanmoins, les larmes de Mansûr avaient profondément touché Chiblî et un processus de transformation s'était enclenché, qui continua durant 12 ans. Douze ans durant lesquels il arpenta les routes en vagabond, en mendiant, pleurant sans trêve;ses larmes venaient tout droit du cœur et exprimaient la terrible souffrance qui le harcelait. Le repentir de Chiblî dura toute sa vie ; il disait :

"J'ai tué Mansûr. Personne d'autre n'est responsable de sa mort mais j'aurais pu comprendre, j'aurais pu le sauver mais j'ai seulement trouvé un compromis avec la foule, j'ai lancé une fleur à cet homme."

* *

Le repentir est un phénomène qui peut vous entraîner très loin s'il vous fait comprendre votre responsabilité. Même les petites choses peuvent être le ferment d'une grande transmutation intérieure si par les larmes -celles qui viennent non pas des yeux mais de toutes les cellules du corps- elles vous permettent de descendre jusqu'à vos racines.

Mansûr a montré comment agit un maître, un grand maître : qu'il soit vivant, mourant, ou même déjà mort, un maître saisit toutes les occasions qui se présentent pour transformer les gens.

53-Le jeu

Muldhara chakra

Rappelle-toi que, dans la vie, quoi que tu sois en train de faire, c'est un jeu. Joue ton rôle.

croix verte

Rappelle-toi que, dans la vie, quoi que tu sois en train de faire, c'est un jeu. Joue ton rôle;s'il s'agit d'un combat, alors bats-toi, mais reste bien centré. Il n'y a pas besoin de se prendre au sérieux, la vie est un grand jeu.

Alors, joue, tout simplement !

La guerre devait commencer;les deux armées se faisaient face, n'attendant plus que le signal pour s'entretuer.

A la vue de ces millions de gens Arjuna fut remué.

"Quelle bêtise ! se disait-il. Cela ne vaut pas la peine de tuer des millions de personnes au nom d'un royaume ou juste pour être roi..."

Il fut si pénétré par cette pensée qu'il baissa son célèbre arc et dit à Krishna -son conducteur, son aurige :

"Fais demi-tour, conduis-moi dans la jungle et laisse-moi là-bas. Je veux renoncer à la vie de ce monde, je ne veux plus de mon royaume, je ne veux pas combattre."

Krishna discuta avec lui, lui fit comprendre que c'était là son devoir, qu'il était poltron, que c'était une fuite, et finalement il le fit combattre... Il dit à Arjuna :

"C'est Dieu qui décide tout cela;la guerre va avoir lieu, elle est inévitable. Si tu t'enfuis quelqu'un d'autre devra prendre ta place mais la guerre aura lieu. Ne t'en fais donc pas, tu es juste un pion. Ce n'est pas toi qui vas tuer ces gens, Dieu a déjà décidé qu'ils allaient disparaître et ils vont être tués pour sauver la religion, au nom de la paix. Tu dois te battre, c'est ton devoir !"

Krishna avança des arguments frappants. Il dit :

"Souviens-toi que, lorsque tu tues une personne -et ça c'est l'argument le plus dangereux !- lorsque tu tues une personne tu ne tues que son corps;l'âme ne meurt pas, l'âme est éternelle. Pourquoi donc s'inquiéter? Ces âmes reviendront et s'incarneront dans d'autres corps, dans de nouveaux corps;tu fais disparaître un vieux véhicule pour le remplacer par un neuf puisque l'âme est éternelle."

* * *

Le message que Krishna veut transmettre à Arjuna est le suivant :

Ne te préoccupe pas du jeu, joue. S'il se trouve que ton rôle est d'être guerrier et de faire cette guerre, combats, joue ton rôle au mieux. Reste simplement bien centré et continue à voir que c'est un jeu, sois en même temps acteur et témoin de cette grande scène de théâtre qu'est la vie. Et il n'y a pas à prendre ce jeu au sérieux."

* * *

Pour Krishna -qui symbolise l'homme libéré, éveillé- tout est jeu. Il promet un jour et oublie le lendemain. Rien n'est sérieux. pour qui est libre de son ego. La vie va de la comédie à la tragédie et, dans un cas comme dans l'autre, chacun doit assumer son rôle.. L'homme libre accepte d'être un joueur et n'a donc plus de sujet d'inquiétude.

Pourquoi s'inquiéter? L'homme libre joue son rôle tragique ou comique et il sait que tragédie et comédie sont les deux pôles d'une danse cosmique dont les mystères sont insondables. L'homme libre ne s'attache pas à ces rôles, il joue le jeu que Dieu lui donne à jouer dans chaque situation de la vie.

54-La concentration

Muldhara chakra

Ce qui est théorique doit être mis en pratique.

croix verte

Ce qui est théorique doit être mis en pratique. Ce qui est abstrait doit devenir concret.

Saraha est un des fondateurs de la tradition du tantra comme Bodhidharma est le fondateur de la tradition Zen.

Si je devais nommer cinq bienfaiteurs de l'humanité, Saraha serait du nombre.

Il est né à, Vidarbha, dans l'Etat indien de Maharashtra, tout près de Poona. Il était fils d'un brahmine très cultivé qui vivait à la cour du roi Mahapala. Le roi était disposé à ce que sa propre fille épouse Samba mais Saraha refusa, il voulait renoncer au monde et devenir un sannyâsin -ce qu'il fit en devenant disciple de Sri Kirti, maître bouddhiste.

La première chose que Sri Kirti enseigna à, Saraha fut d'oublier tout ce qu'il avait appris dans les livres -dont les Védas- pour rentrer en lui-même et Saraha entra de plus en plus profondément en méditation.. Un jour, alors qu'il méditait, il eut une vision : il vit qu'une femme sur une place de marché serait son véritable maître. Sri Kirti l'avait mis sur la voie mais le véritable enseignement lui serait transmis par une femme.

Saraha alla voir Sri Kirti :

"Tu as nettoyé mon ardoise. Je suis prêt pour la seconde partie de mon travail."

Il s'en alla, après avoir reçu la bénédiction de Sri Kirti qui riait.

Et il vit la femme de sa vision sur la place du marché. Elle était occupée à fabriquer une flèche ; c'était cela, son métier : fabriquer des flèches ; elle faisait partie des basses castes. Pour Saraha, brahmine cultivé ayant fait partie de la cour du roi, aller vers une fabricante de flèches était une situation symbolique : cela signifiait que ce qui est cérébral doit faire place à la vie, que son savoir théorique doit passer dans la pratique;l'abstrait doit devenir concret. C'est la clé de toute évolution.

Donc, Saraha vit cette femme;une femme jeune, bien en vie, radieuse, occupée à tailler une flèche et totalement absorbée par son travail. Il sentit immédiatement quelque chose d'extraordinaire dans cette présence.... elle était complètement absorbée par ce qu'elle était en train de faire.

Saraha regarda attentivement. La flèche prête, la femme prit la posture de l'archer, un oeil fermé et l'autre visant une cible invisible. Et quelque chose se produisit, quelque chose qui ressemblait'à une communion. Saraha vit clairement la signification spirituelle de l'attitude de la femme. Il ne l'avait vue regarder ni à gauche ni à droite ; elle était toute à son acte. Saraha avait tant et tant entendu parler de cela, il avait lu à ce sujet, il y avait bien réfléchi, il en avait discuté avec les autres : le juste milieu ! Là, pour la première fois, il voyait concrètement le juste milieu. Et la femme avait été tellement plongée dans son travail;tellement absorbée par son geste, tellement dans le message bouddhiste : être totalement dans son action c'est être libre de l'action ! Sois total et tu seras libre.

La lumineuse beauté de la femme venait de ce qu'elle était totalement dans son geste. Saraha comprit pour la première fois ce que signifie "méditer". Méditer n'est pas s'asseoir à un moment particulier et répéter un mantra, ni aller à l'église ou au temple ou à la mosquée. Méditer c'est être dans la vie et y être totalement, c'est faire des choses toutes simples, triviales, mais avec une telle attention que la profondeur des choses se manifeste dans chaque action. Saraha pouvait sentir cela, il aurait pu le toucher du doigt...

Saraha devint un tantrika et cette fabricante de flèches fut son maître. Un disciple et un maître... c'est une histoire d'amour entre deux âmes. Saraha avait trouvé son âme soeur. Il partageaient un extraordinaire amour, l'amour le plus profond qui puisse unir deux êtres, un amour comme on en voit peu sur terre. Et elle lui enseigna le tantra..

Avec Sri Kirti Saraha avait laissé tomber les Védas, les Ecritures et son savoir pour apprendre à méditer;maintenant il laissait même la méditation. Maintenant, sa méditation était le chant, la danse, l'ivresse du divin. Maintenant la célébration de l'existence était son mode de vie. Saraha et la femme aux flèches s'installèrent sur un lieu de crémation pour y vivre ensemble ; ils avaient choisi ce lieu de crémation pour célébrer la vie ; ils avaient choisi de vivre là où il n'y a que mort et d'y vivre en joie. Quand on peut se réjouir alors qu'on est constamment entouré de la mort cela signifie que l'on est au plus haut sommet de la méditation, la joie est inconditionnelle.

Le nouveau maître de Saraha avait introduit la joie, la danse, le jeu, l'amour, la célébration dans son cœur. C'est ainsi que Saraha devint un des plus puissants piliers de la tradition du tantra.

55-Le sexe

Muldhara chakra

Laisse le sexe être la première marche de l'escalier qui mène au divin mais pas la dernière.

croix verte

Laisse le sexe être la première marche de l'escalier qui mène au divin mais pas la dernière.

Quand deux amants vivent profondément un orgasme sexuel ils fondent l'un dans l'autre;une fusion s'opère entre eux et la femme n'est plus la femme, l'homme n'est plus l'homme. Ils s'atteignent, se rencontrent, fondent ; chacun oublie sa propre identité. Cette fusion n'est autre que celle de Shiva et de Shakti : le dieu masculin et la déesse féminine se rencontrent et fusionnent comme le yin et le yang dans le cercle sacré du Tao, &est pourquoi l'amour est un si beau phénomène.

Dès la première Marche de l'escalier le sexe nous permet de connaître des états d'extase ou, pour un temps très court, nous pouvons toucher la dimension divine de l'existence. Cet état d'orgasme est appelé mudra. Le stade ultime de l'orgasme, celui que l'on expérimente lorsque l'on a monté une à une toutes les marches de l'escalier et que l'on fond dans le Tout est appelé maha mudra : le Grand Orgasme.

L'orgasme est un état au cours duquel le corps n'est plus ressenti comme matière ; il vibre, comme l'énergie, comme l'électricité. Il vibre si profondément qu'on en oublie totalement sa matérialité ; il devient un pur phénomène vibratoire -et il est un phénomène vibratoire, électrique.

Peu à peu, si les amants s'aiment, ils s'abandonnent l'un à l'autre, ils s'abandonnent à ce moment de pulsation, à cet état d'énergie, et ils n'ont pas peur...

Quand le corps perd ses contours, quand sa substance s'évapore et qu'il ne reste plus que l'énergie, plus qu'un rythme très subtil,-on a alors la sensation de ne pas être. Cette expérience n'est possible que pour ceux qui s'aiment profondément;c'est l'intensité de l'amour qui détermine la qualité de l'orgasme. L'amour est comme la mort : il fait disparaître le corps pour libérer l'énergie vitale qui vibre à l'intérieur de lui et qui, elle, est éternelle.

56-La dévotion

Muldhara chakra

Laisse-toi aller dans l'amour, descends dans sa plus profonde intensité et laisse-le t'ouvrir au divin.

croix verte

Laisse-toi aller dans l'amour, descends dans sa plus profonde intensité et laisse-le t'ouvrir au divin. Permets à tes énergies féminines de fleuri :

Meera est une des plus grandes mystiques qu'ait connues l'Inde. Elle était ce qu'on appelle une Bakhta;sa constante dévotion l'emplissait d'amour pour Dieu et Sa création et la maintenait en extase permanente. C'était une reine, mais elle se mit à danser dans les rues et cela ne fut pas du goût de la famille royale qui, s'estimant offensée, déshérita Meera -on tenta même de l'empoisonner.

Ceci se passait au Rajasthan, une des régions les plus traditionnalistes de l'Inde où, depuis des siècles, on ne voyait pas en public le visage des femmes car elles étaient toujours voilées.

C'est donc dans ce contexte arriéré que la reine se mit à danser dans la rue. La foule s'agglutinait pour la voir et Meera était tellement ivre de Dieu que dans ses transes le sari glissait, dévoilant son visage et ses mains. La famille royale en était évidemment très perturbée.

Meera chantait de très belles chansons, les plus belles chansons jamais chantées de par le monde car elles venaient du fond de son cœur, son cœur en était une source intarissable.

Un jour elle dit à son époux :

"Cesse de croire que tu es mon mari, mon mari c'est Krishna. Toi tu n'es qu'un pâle substitut."

Le roi entra dans une grande colère et ordonna à Meera de quitter le royaume. Elle partit donc et alla à Mathura, la ville de Krishna où se trouve le plus grand des temples qui lui sont dédiés. Le grand prêtre de ce temple avait fait le voeu de ne pas voir de femme durant toute sa vie, et durant 30 ans il n'en avait vu aucune : le temple était interdit aux femmes et lui-même n'en était jamais sorti.

Quand Meera arriva au temple elle dansa devant la porte. Les gardes, subjugués par sa grâce et magnétisés par son charme divin, ne pensèrent pas à l'empêcher d'entrer. Elle entra donc, première femme à pénétrer dans cet endroit en 30 ans.

Le grand prêtre faisait ses dévotions à Krishna. Quand ïl vit Meera il n'en crut pas ses yeux ; il devint fou de rage et cria :

"Sors d'ici ! Femme, dehors ! Ne sais-tu pas que ce temple est interdit aux femmes?"

"Pour autant que je sache, répliqua Meera, à l'exception de Dieu tout le monde est femme. Toi aussi tu es femme. Cela fait 30 ans que tu adores Krishna, crois-tu que tu es encore un homme?"

Le grand prêtre réalisa la vérité des paroles de Meera ; il tomba à ses pieds et lui dit :

"Personne avant toi ne m'avait parlé ainsi mais je vois bien, je sens bien que tu dis la vérité..."

* * *

Que tu suives la voie de l'amour ou la voie de la méditation, il arrive un moment où le féminin l'emporte et envahit ton être.

L'amour de Meera pour Krishna est l'amour d'un être humain parfait. Elle n'a aucun besoin, aucune attente, elle donne tout simplement. Si elle a une chanson â chanter, elle chante;si elle a une danse à danser, elle danse ; elle ne cherche pas à recevoir, elle donne. Et elle reçoit mille fois plus -mais ça c'est une autre chose.

Si tu veux devenir Meera rappelle-toi qu'avant d'arriver à cette perfection dans l'amour il faut d'abord vivre jusqu'au bout l'amour humain, avec ses joies et ses douleurs. Il faut assouvir tes besoins humains d'amour sinon ton Krishna ne sera qu'un fantasme, une projection de tes désirs refoulés.

L'être humain est limité, tu es limité. Commence par vivre l'amour qui t'est donné à vivre, quel qu'il soit. Vis-le. Ne te fixe pas sur l'impossible car alors tu risques fort de te priver du possible. Vis le possible, traverse-le, laisse-le finir et sens bien que tu en es remplie -et alors l'impossible peut également venir, tu seras prêt à le vivre.

Vis les joies de l'amour humain, vis ses misères, laisse ton être mûrir par ces expériences et peu à peu l'amour divin t'envahira.

57-L'intelligence

Muldhara chakra

Utilise ton intelligence pour regarder là où sont les choses plutôt que là où elles ne sont pas.

croix verte

Utilise ton intelligence pour regarder là où sont les choses plutôt que là où elles ne sont pas, même dans l'obscurité. Regarde à l'intérieur de toi.

Un soir, les gens du village s'aperçurent que Râbi'a cherchait quelque chose dans la rue, devant sa hutte. Ils eurent pitié, s'approchèrent, et demandèrent :

"Qu'est-ce qu'il y a? Qu'est-ce que tu cherches?"

Et Râbi'a répondit :

"J'ai perdu mon aiguille."

Et tous de chercher avec elle. Au bout d'un moment quelqu'un dit :

"Râbi'a, la rue est grande et la nuit tombe, bientôt on n'y verra plus et une aiguille est si petite... Peux-tu nous dire exactement où elle est tombée?

"Elle est tombée dans ma maison" ;répondit Râbi'a.

Les villageois dirent :

"Es-tu devenue folle? Si ton aiguille est tombée chez toi pourquoi la cherches-tu dehors?

"Parce que dehors il fait encore jour. Dans la maison on n'y voit rien."

Quelqu'un dit :

"Même si dehors on y voit, comment pourrait-on trouver l'aiguille si elle n'est pas tombée ici? La meilleure chose à faire, ce serait d'apporter de la lumière dans ta maison pour que tu puisses trouver ton aiguille."

Râbi'a éclata de rire :

"Ah, vous êtes si brillants pour les petites choses... Quand donc allez-vous utiliser votre intelligence pour ce qui concerne votre vie intérieure? Je vous ai tous vus chercher à l'extérieur mais je sais très bien -et je le sais de ma propre expérience- que ce que vous cherchez est perdu à l'intérieur de vous-mêmes. Qu'attendez-vous pour utiliser votre intelligence? Pourquoi cherchez-vous le bonheur à l'extérieur de vous?"

"Est-ce là que vous l'avez perdu?"

Les villageois restèrent bouche bée et Râbi'a rentra chez elle.

58-Le travail, l'offrande

Muldhara chakra

Ne fuis pas tes responsabilités;sois intensément vivant dans le travail que tu as à, faire et, quel que soit ce travail, donne-toi à fond, sans créer de tensions.

croix verte

Ne fuis pas tes responsabilités;sois intensément vivant dans le travail que tu as à, faire et, quel que soit ce travail, donne-toi à fond, sans créer de tensions. Permets à ton action de se transformer en méditation sans t'attacher aux fruits que tu peux en attendre.

Un maître voyageait avec un de ses disciples et celui-ci avait pour tâche de prendre soin du chameau. Une nuit, ils arrivèrent fatigués à un caravansérail et, même si attacher le chameau faisait partie des devoirs du disciple, ce soir-là il ne s'en inquiéta pas et le laissa dehors en liberté. Il fit juste une petite prière à Dieu :

"Occupe-toi du chameau !" ; et il s'endormit.

Le lendemain matin le chameau n'était plus là ; il avait été volé, ou bien il s'était échappé, je ne sais pas. Le maître demanda :

"Où est le chameau?"

Et le disciple répondit :

"Je ne sais pas. Demande à Dieu, je l'ai prié de le surveiller parce que j'étais trop fatigué, je ne sais donc pas ce qui s'est passé. Ce n'est pas de ma faute car je l'ai confié à Dieu, et très clairement ! Tu répètes toujours qu'il faut faire confiance à Dieu, moi je lui ai fait confiance."

"Fais confiance à Dieu, répondit le maître, mais attache d'abord ton chameau car Dieu n'a pas d'autres mains que les tiennes."

Si Dieu veut attacher l'animal il faudra qu'il utilise les mains de quelqu'un, Lui-même n'a pas de mains. De plus, ce chameau est le tien;la façon la plus sûre, la plus facile et la plus rapide est donc d'utiliser tes mains. Attache ton chameau, puis fais confiance à Dieu. Fais d'abord tout ce que tu peux avant de demander l'aide de Dieu. Mais le résultat n'est pas garanti pour autant -il n'y a pour cela aucune garantie. Fais donc ton possible, fais de ton mieux, et quoi qu'il se passe, accepte."

* * *

"Attache ton chameau" ;signifie : fais tout ton possible, tout ce que tu peux faire, ne fuis pas tes responsabilités en te reposant sur Dieu ou sur autrui, et si rien ne se produit ou si quelque chose tourne mal, fais confiance à Dieu.

C'est très facile de faire confiance à Dieu pour justifier ta paresse et ainsi ne rien faire. C'est très facile de ne pas faire confiance à Dieu, de croire que tu es responsable de tout. La troisième attitude est difficile : faire confiance à Dieu et, néanmoins, agir, te sentir responsable. Dans cette attitude tu es un instrument dans les mains du Créateur, et à travers tes actes c'est Lui qui agit.

Être religieux c'est faire totalement ce que tu fais, en y mettant toute ton humanité et sans créer de tension quant au résultat de l'action. L'action devient alors une sorte de prière, sans désir d'un résultat précis ; alors il n'y a pas de frustration. C'est la foi qui t'aide à rester serein dans toute action, mais attacher ton chameau t'aidera à rester intensément vivant.

59-L'invitation

Muldhara chakra

Peu importe dans quel état tu es, peu importe qui vient, le maître est toujours prêt.

croix verte

Peu importe dans quel état tu es, peu importe qui vient, le maître est toujours prêt. Viens, viens vers le maître.

Voici un poème d'un grand maître soufi, Jalaluddin Roumi. Mets ses paroles dans ton cœur.

"Viens, viens, qui que tu sois,
errant, dévot, ou amoureux de la connaissance,
qu'importe !"
"Notre caravane n'est pas celle du désespoir.
Viens,
même si mille fois tu as rompu tes voeux.
Viens, viens, reviens quand même."

* * *

Le maître est un hôte. Le véritable maître ne refuse personne, jamais ; comment le pourrait-il? Est-ce que la source refuse son eau à qui a soif? Est-ce qu'un arbre refuse son ombre à celui qui a cheminé en plein soleil? L'arbre sera toujours prêt à distribuer son ombre, ses fruits, ses lieurs, son parfum...

Si le maître disait à son disciple : "Mérite-le d'abord, et ensuite, viens !" ; c'est comme si le médecin répondait au malade qui vient le voir : "Je te donnerai des médicaments quand tu seras guéri, c'est ma condition car je ne gâche jamais mes médicaments sur des malades."

Peu importe qui vient. Le maître est toujours prêt.

60-Le rire

Muldhara chakra

Le rire est une telle force transformatrice que celui qui l'a trouvé n'a besoin de rien d'autre.

croix verte

Le rire est une telle force transformatrice que celui qui l'a trouvé n'a besoin de rien d'autre. Si tu sais changer ta tristesse en célébration, tu seras capable de changer ta mort en résurrection.

Il y a une histoire sur trois mystiques chinois. Personne ne sait comment ils s'appellent, on ne les connaissait que sous le nom des Trois Saints Rieurs car ils n'avaient jamais rien fait d'autre que rire, seulement rire. Ils se déplaçaient de ville en ville, se rendaient sur la place du marché et là ils s'offraient une bonne pinte de rire.

Ces trois hommes étaient vraiment très beaux à regarder rire, avec leurs ventres qui dansaient. Leurs rires se propageaient comme un virus, l'hilarité déferlait comme une vague et toute la place du marché se tordait de rire... Durant quelques instants un nouveau inonde s'ouvrait ; c'était à chaque fois comme si, grâce aux trois saints rieurs, les portes du cœur s'ouvraient dans ce rire collectif.

Ils voyagèrent dans toute la Chine, faisant simplement rire les gens. Les gens tristes, les gens en colère, les gens en proie à leurs désirs, les gens jaloux, tous riaient à gorge déployée et pour beaucoup cela fut la clé : le rire transforme, il est la clé de la libération.

Un jour, l'un d'eux mourut dans un petit village. Les villageois se dirent :

"Maintenant ça va changer;leur ami est mort, itristes et il penserals vont sûrement pleurer."

Mais pas du tout ! Au contraire, les deux autres célébraient la mort de leur compagnon en dansant et en riant. Les villageois furent choqués :

"Cela dépasse les bornes, vous semblez ignorer la bienséance ! Quand quelqu'un meurt on ne doit pas rire ni danser, c'est profaner sa mémoire !"

Et les deux saints répondirent :

"Vous ignorez certaines choses... Nous nous sommes toujours demandé lequel de nous trois mourrait le premier. C'est lui qui a gagné, il est mort;nous deux nous avons perdu ! Nous avons passé notre vie à rire ensemble, comment pourrions-nous lui dire au revoir d'une autre façon? Il faut rire, se réjouir, fêter ! C'est le meilleur des derniers cadeaux à offrir à un homme qui a passé sa vie à rire. Et si nous ne rions pas c'est lui qui rira bien en voyant nos mines tristes et il pensera : "Ah, pauvres fous !... Ainsi, vous êtes retombés dans le piège?"

"Pour nous il n'est pas mort, car comment le rire peut-il mourir? Comment la vie peut-elle mourir? Le rire et la vie sont plus forts que la mort."

On s'apprêta alors à procéder à la crémation et les villageois dirent : "Nous allons suivre le rite et lui donner un bain."

Mais les deux amis dirent :

"Non, notre ami nous a dit : "Ne suivez pas de rituel, ne me changez pas mes vêtements et ne me donnez pas de bain. Portez-moi simplement tel quel sur le bûcher."

Et il en fut ainsi. Et alors, tout à coup, quelque chose d'incroyable arriva. Le corps fut dans le feu mais le vieil homme avait joué un dernier tour, il avait caché plein de fusées sous ses vêtements et un véritable feu d'artifice éclata. Tout le village se mit à rire, et comme les deux amis un peu cinglés dansaient tout le village se mit à danser. Il n'y avait plus là une mort mais une vie nouvelle, une résurrection car toute mort ouvre une nouvelle porte. Les rires fusaient, la vie jaillissait, le rire avait vaincu la mort.

* * *

Si tu sais changer ta tristesse en célébration, alors tu pourras aussi changer ta mort en résurrection, le rire t'y aidera. Apprends l'art de rire pendant qu'il est encore temps !