LE TANTRA

L'HOMME ET L'UNIVERS

En harmonie

La tradition hindoue ainsi que la tradition occidentale conçoivent l'évolution de l'humanité comme n'étant pas linéaire mais cyclique.

Pour les hindous un cycle humain (manvatara) se divise en quatre âges (les Yugas) qui marquent un obscurcissement graduel de la spiritualité primordiale. La connaissance des lois de l'harmonie universelle était totale chez notre ancêtre du Satya-yuga (ou âge d'or selon Hésiode).

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Celui-ci était doté d'un "troisième œil", dont de nombreuses légendes dans diverses civilisations ont gardé le souvenir, qui était son principal instrument pour connaître les lois qui le reliaient à son créateur. Cette connaissance s'obscurcit ensuite (la glande pinéale s'atrophie) au fur et à mesure que l'on avance dans le temps, passant par le Tréta-yuga (âge d'argent), le Dvâpâra-yuga (âge d'airain), pour finalement se perdre dans une phase matérialiste ou l'essence de toute spiritualité se trouve aux trois-quarts voilée : le Kali-yuga (âge de fer).
Voici comment Shri Aurobindo décrit ces cycles :
"En l'homme l'activité créatrice de Dieu se meut toujours en cercles : du satya-yuga au kali-yuga et par le kali-yuga de nouveau au satya-yuga ; de l'âge d'or à l'âge de fer et de nouveau retour de l'âge de fer à l'âge d'or. En terminologie moderne le satya yuga est une période du monde pendant laquelle est créée une harmonie stable et suffisante et où l'homme réalise pendant un temps dans certaines conditions et limitations la perfection de son être.

L'harmonie existe en sa nature par la force d'une pureté bien établie, mais ensuite elle commence à s'altérer et dans le Tréta-yuga l'homme la maintient par la force de la volonté individuelle et collective. Puis elle s'altère davantage encore et dans le Dvapara-yuga l'homme cherche àla maintenir par une réglementation intellectuelle et un accord général. Dans le kali-yuga elle s'effondre et finalement elle est détruite. Mais le Kali-yuga n'est pas uniquement mauvais car c'est en lui que s'élaborent progressivement les conditions nécessaires pour un nouveau satya-yuga, une autre harmonie, une perfection plus avancée".

NATURE ET ORIGINE

Du Tantrisme

Pendant le règne de l'obscurité et du matérialisme (kali-yuga) l'homme ne dispose plus de la spontanéité et de la vigueur spirituelle dont il jouissait auparavant.

Selon le tantrisme les "marches spirituelles traditionnelles, fondées sur l'ascétisme et le renoncement au monde sont devenues incapables, dans la plupart des cas, d'accéder directement à l'état de yoga.

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Il lui faut pour cela "remonter le courant" c'est-à-dire partir des expériences fondamentales et spécifiques de sa condition déchue. Ce n'est plus par un retrait de la vie que l'homme peut retrouver son identité originelle avec le cosmos, mais par "l'acceptation la plus entière possible de ses désirs, de ses sentiments et des situations qu'il rencontre en tant qu'être humain" (Ajit Mookerjie ; "La Voie du Tantra"). Le yoga d'inspiration tantrique est donc un yoga de la plénitude et non pas un yoga du renoncement en ce sens qu'il n'exclut pas la jouissance de la vie pour atteindre les plus hauts plans du développement de la personne humaine vers l'infini qui est sa source.
"Le Tantrisme, en dernier recours, est dans sa véritable nature une science encyclopédique" dit Sir John Woodroffe dont les travaux sur le yoga tantrique font autorité en la matière (La puissance du Serpent). Il s'agit en effet d'une science complète et globale qui touche tous les domaines du savoir : cosmologie, métaphysique, philosophie, psychologie, médecine, etc... Ce n'est pas une science expérimentale au sens occidental du terme dans la mesure où l'efficacité des normes scientifiques ne repose pas principalement sur la vérification empirique mais sur la base d'une expérimentation psychique, d'un travail sur soi-même. Le champ expérimental de cette science n'est donc pas le monde objectif mais le monde subjectif. II faut cependant se garder de ne voir dans le tantrisme qu'un savoir, une doctrine intellectuelle. II s'agit beaucoup plus de moyens pratiques et de techniques de réalisation de soi que de spéculations pures. Ces techniques et ce savoir remontent aux civilisations pré-aryennes de la vallée de l'hindus et ont été transmises par diverses traditions jusqu'à nous. Longtemps avant l'avènement de l'histoires écrite ces techniques yoguiques étaient utilisées dans les villages de l'Inde ancienne et intégrées à la vie quotidienne. A cette époque il n'y avait pas de secrets "initiatiques" de mantras "privés" pas plus que n'existait le culte de la personnalité. II y avait seulement des sages connus pour leur humilité, leur vertu et leur savoir aussi pratique que profond. Ces hommes refusaient d'être élevés au-dessus des masses et quand on les acclamait ils retournaient humblement les acclamations à ceux qui en étaient l'origine.
Parmi eux, nombreux sont ces yogins qui pouvaient développer leurs capacités physiques et leur perception au-delà des limites ordinaires. En plus de vivre une vie plus longue et parfaitement saine, ils avaient la capacité de soigner les autres et considéraient les phénomènes "parapsychologiques" comme normaux. Leur approche de la maladie humaine et de la santé se faisait en termes d'énergie. Ils considéraient l'homme comme une unité organisée d'énergie qui baigne dans le spectre entier des différents types d'énergie qui sont à l'œuvre dans le cosmos et qui en constituent le fondement. Quand ils regardaient le corps d'une personne, ce qu'ils voyaient était une enveloppe d'énergie autour de son corps physique qui reflète toutes les énergies à l'œuvre dans le corps et le mental de l'individu. Dans la perspective d'un savoir basé sur l'observation directe et l'utilisation de leurs "pouvoirs" ils créèrent des techniques capables d'agir sur cette énergie, de l'harmoniser, de développer son potentiel pour qu'elle serve au mieux-être physique et mental de chacun. A l'époque il ne s'agissait pas d'une activité physique, mais ce n'était pas non plus vécu comme une simple médecine. Le sacré et le profane étaient encore confondus dans l'observation et l'étude de l'énergie, de son fonctionnement et de son rôle dans la création, l'organisation et la destruction de la vie à tous les niveaux.
A l'avènement de l'écriture, toutes ces pratiques relevant de la science de l'énergie furent peu à peu codifiées dans des textes, les Tantras et la doctrine tantrique ou plutôt une vision du monde tantrique fut développée à partir de cette science traditionnelle.

LES BASES

Du Tantrisme

Le trantrisme, de même que le taoïsme philosophique chinois ou la tradition hermétique occidentale, considère que tout ce qui est manifesté procède de deux pôles, l'un négatif et l'autre positif.

Masculin et féminin, expansion et contraction, ombre et lumière, etc... l'univers se meut par l'inter-relation de ces contraires et ce mouvement est éternellement le sujet des cycles . Génération, Organisation, Destruction (G.O.D. en anglais : Dieu).

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La vie de l'univers à tous niveaux est le résultat de l'interactivité de ces forces contraires. Tout ce qui se manifeste dans l'univers n'échappe pas à cette loi de polarité qui commence avec le noyau statique de l'atome et les électrons dynamiques gravitant autour de lui, qui passe par la polarité masculin/féminin et qui englobe tous les contraires en tant que forces motrices d'un même TOUT unique dont elles procèdent. C'est cette loi de polarité qui fait la relativité de tout ce qui existe dans l'univers et qui soumet toute manifestation à des cycles qui la font évoluer d'un pôle à l'autre.

Se fondre à la dynamique créée par ces deux pôles en vivant leur opposition comme complémentaire plutôt que conflictuelle, éveiller et réaliser en soi cette totalité intégrée des polarités et accéder au plan transcendant où ces contraires sont perçus comme UN, est le but de toute pratique tantrique.

Le tantrika (adepte du tantrisme) cherchera donc dans sa pratique à dissoudre tout ce qui est figé en dualité dans sa nature. Pour cela il met en branle son plus haut potentiel énergétique, l'énergie cosmique qui est en lui et qui dans des conditions ordinaires ne lui livre qu'une infime partie de son potentiel pour lui permettre de survivre dans le monde de la dualité (sur le plan humain) va être stimulée pour combiner les polarités qui sont en lui : masculin/féminin, actif/passif, dynamique/statique. Cette énergie, appelée KUNDALINI dans les textes tantriques, une fois éveillée s'exprimera comme une force créatrice à tous les niveaux de son être le conduisant hors de la torpeur et de l'esclavage qui sont le lot de l'homme ordinaire vers l'état d'éveil, de liberté intérieure de celui qui a réalisé "l'union" (yoga). Dans l'état d'éveil l'homme trouve comme automatiquement l'harmonie entre les composantes dialectiques de chaque situation. Cette harmonie qui est l'union des contraires s'achève dans l'obtention d'un état de conscience qui transcende le "je" et "l'autre", un état d'unité qui est le but de tout yoga. A cette fin le tantrika utilise toutes choses, "bonne" ou "mauvaise" . Transcendant le bien et le mal il les retransmute de manière à atteindre son but, la libération qui lui donnera aussi la puissance. Pour le tantrika point de morale dogmatique, toute chose n'est considérée que sous son aspect polaire, l'aspect fini des choses, leur contenu esthétique, leur valeur, n'ont aucune importance. Pour lui, la vie est une oscillation entre des forces négatives et positives qu'il s'agit d'harmoniser. Pour cela il est décidé à considérer tout dans sa vie comme moyen de réalisation, tout acte du corps, de la parole ou de l'esprit, toute circonstance, toute sensation est revalorisée et mise à profit. La plupart des voies spirituelles traditionnelles prétendent que le chemin vers le TOUT, source de vérité de sagesse et de félicités passe par une féroce répression (sous forme d'ascétisme et de volonté) de toutes les facultés physiques et mentales qui nous font percevoir le monde et l'univers comme un chaotique assemblage d'éléments séparés (MAYA). La voie tantrique au contraire prétend que toutes les facultés (dont les sens, les émotions, l'intellect) doivent être développées à leur plus haut potentiel en vue d'être acheminées par un processus de raffinement des énergies qu'elles représentent vers la PURE ENERGIE DIVINE qui est à leur origine. Le plaisir sensuel dans ce cas peut devenir le matériau brut sur lequel on travaille pour s'élever vers l'illumination. La voie tantrique ne dit pas : "vous devez vous abstenir des plaisirs de ce monde et de leur jouissance, mortifier votre chair et obéir aux commandements d'un Dieu le père jaloux et sévère". Son enseignement est plutôt : "Elevez votre niveau de jouissance à son plus haut potentiel puis utilisez-le comme carburant de votre élévation spirituelle.

cette voie d'apparence facile est en réalité la plus difficile car le risque de sombrer dans le piège d'un hédonisme stérile, centré sur l'ego (et prisonnier de lui) est grand. Elle requiert de l'adepte une très grande pureté intérieure et une ferme et constante concentration vers le but spirituel par le biais d'une discipline très stricte et d'une détermination inébranlable. On voit comment avec le tantrisme, le yoga revient au service de la vie, il n'est plus une rupture avec le monde, il s'agit au contraire de s'appliquer à vivre en transcendant tous les actes de la condition humaine en les valorisant spirituellement. Tout acte devient source d'extase et de libération de l'esprit, toute pulsion (y compris les pulsions relatives à l'argent, au sexe, au pouvoir) devient une voie ouvrant à la réalité divine, indiquant l'unité du fini et de l'infini.

LA FEMME

Revalorisée dans Le Tantrisme

Dans le tantrisme, l'homme et la femme ne sont pas considérés comme égaux mais comme complémentaires.

La relation entre l'homme et la femme devient donc une intéraction créatrice dans laquelle toutes les contradictions peuvent être résolues.

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La femme est identifiée à Shakti la divine mère de l'univers en tant que symbole du principe actif. Elle est considérée comme la force motrice de toute évolution et devient l'inspiratrice divine de l'homme en jouant le rôle d'intermédiaire entre le transcendant et l'immanent. La femme par son aptitude à l'intériorisation et sa plus grande sensibilité est plus proche du divin. De plus, elle est le symbole de la régénération. La femme doit donc être aimée et respectée en tant que la grande donneuse de vie la "créativité du Créateur" (Yogi Bhajan).

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